LA. MÉTROMANIE
Tâche à la copier. Tu ne peux faire mieux.
Le modèle est parfait.
LISETTE
IN'en soyez pas en peine. Je veux lui ressembler au pointqu'on s'y méprenne. J'ai d'abord un habit en tout pareil au sien : J'ai sa taille ; j'aurai son geste et son maintien : Enûn, je veux si bien représenter l'idole , Qu'elle se reconnaisse à la fadeur du rôle ; Et, comme en un miroir , s'y voyant traits pour traits. Que l'insipidité l'en dégoûte à jamais.
Car, monsieur, excusez; mais vous et votre femme, Vous avez fait un corps où je veux mettre une âme.
FRANCALEU.
L'indolence en effet laisse tout ignorer ; Et combien l'ignorance en fait-elle égarer ! Le danger vole autour de la simple colombe ; Et, sans lumière enfin, le moyen qu'on ne tombe ! Tu feras donc fort bien de la morigéner. Qu'elle sache connaître , applaudir, condamner. Qu'à son gré d'elle-même elle dispose ensuite. Le penchant s-itisfait répond de la conduite. C'est contre le torrent du siècle intéressé : Mais , me regardât-on comme un père insensé. Je veux qu'à tous égards ma fille soit contente ; Que l'époux qu'elle aura soit selon son attente; Qu'elle n'écoute qu'elle et que son propre cœur, Sur un choix qui fera sa perte ou son bonheur; Qu'elle s'explique enfin là-dessus sans finesse. Ce lieu rassemble exprès une belle jeunesse ; Vingt honnêtes partis , dont le meilleur , je croi , Ne refusera pas de s'allier à moi.