ACTE II, SCÈNE III
Ma fille est riche et belle. En un mot, je la donne Au premier qui lui plaît, je n'excepte personne.
LISETTE
Pas même le poète ?
FRANCALEU.
Au contraire, c'est lui Que je préférerais à tout autre aujourd'hui.
Je ne le crois pas riche.
FRANCALEU.
Eli ])ien ! j'iu ai de reste.
J'aurai fait un heureux : c'est passe temps céleste. Favorisant ainsi l'honnête homme indigent, Le mérite une fois aura valu l'argent.
LISETTE
Je vois, dans ce choix libre, un contretemps à
craindre , Qui rendrait votre fille extrêmement à plaindre.
FRANCALEU.
Et quel ?
LISETTE
C'est que son choix pourrait tomber très-bien Sur tel qui sur un autre aurait fixé le sienjj Et pour lors il serait moins aisé qu'on ne pense De ramener son coeur à de l'indifférence.