DÉFENSE
souvent partial, qui le qualifiait d'homme satis mœurs , malgré tous les détracteurs du poète bourguignon (jui n'ont voulu voir en lui que l'auteur de^ l'Ode, et parlant , qu'un poète licencieux, est-il donc si difficile de prouver comment on l'a si mal jugé.
Auteur à vingt ans de celte ode fameuse, publiée malgré lui , que le délire du cynisme et les frénésies de la débauche semblent avoir inspirée, n'était-ce pas assez pour asseoir une réputation , qui depuis alla se grandissant , de tout ce qui se composait de plus immonde dans le genre erotique. Et d'un autre côté, n'était-ce pas, après la mort de Piron , époque de la dissolution des mœurs en France , une spéculation banne à faire, que de donner sous le nom de l'auteur de rOdet out ce qui s'était composé et se composait de remarquable dans le genre, sans même s'embarrasser du mérite de la pièce attribuée.
Des éditions de tous les formats , salies des productions d'autrui , et si connues sous le titre à'OEiures badines de PiroTi ^ établirent à tel point sa réputation de poète que beaucoup de gens doutent encore aujourd'hui qu'il soit possible de faire de ses œuvres complètes un choix de morceaux purgés de toute impureté. On ne s'est donc jamais demandé si dans Piron, auteur de la Métromanie , et même de l'Ode , et dans Piron aux œuvres badines, il n'y aurait pas deux hom-