ACTE 11, SCENE VIII. loi
DAMIS
A Quinipercorentiii.
aïOlVDOR.
\ (^)uinip. ..
DAMIS
Oh ! ce n'est pas un bonheur en idée , icliii-ci! L'espérance est saine et bien fondée. ^a liretonne adorable a pris goût à mes vers. )ouze fois l'an sa plume en instruit l'univers. ,11e a , douze fois l'an, réponse de la nôtre; [ Irc A nous nous encensons tous les mois l'un etl'au-
MONUOR.
)ii vous êtes vous vus?
]\ullepart- A quoi bon!
MONDOR
'A vous l'épouseriez !
DAMIS
Sans doute. Pourquoi non'
MONDOR
Lt si c'était un monstre?
DAMIS
Oh! tais-îoi. Tu m'excèdes.
.es personnes d'esprit sont-elles jamais laides?
MONDOR
Jiii ; mais répondra-t-elle à votre folle ardeur?
DAMiS.
le suis assez instruit par notre ambassadeur.
'mondor.
Et quel est l'intrigant d'une telle aventure?
DAMIS
Le messager des Dieux. Lui-même. Le Mercure.
102 LA METUOMAME.
MONDOR
Oh! oh! bel entrepôt, vraiment, pourcoquetter!
Tiens , lis dans celui-ci que tu viens d'apporter.
MONDOR , Ut.
Sonnet de mademoiselle Mériadec de Kersic, de Quimperen Bretagne, à monsieur cinq étoiles
DAMIS
Ton esprit aisément perce à travers ces voiles. Et voit bien fine c'est moi qui suis les cinq étoiles. Oui ; qu'à jamais pour moi, belle iMériadec, Pégase soit rétif, et l'IIippocrèue à sec , Si ma lyre, de myrte et de palmes ornée, ]Ne consacre les nœuds d'un si rare byménée I
MO.NDOR.
Je respecte , monsieur , un si noble transport. Qui vous chicanerait, franchement, aurait tort. 3Iais prenez un conseil. Votre esprit s'exténue A se forger les traits d'une femme inconnue. Peignez-vous celle-ci sous quelque objet présent. Lacile a , par exemple , un visage amusant...
DAMIS
J'entends.
MONDOR
Suivez , lorgnez , obsédez sa personne.
Croyez voir et voyez en elle la Bretonne...
DAMIS
C'est bien dit. Cette idée , échauffant mes esprits, JX'en portera que plus de feu dans mes écrits. Le bon sens du maraud quelquefois m'épouvante.
MONDOR
Molière , avec raison , c(însultait sa servante.