ACTE IV, SCENE VIII. l5i
DORANTE
Laissant lire, il est vrai , dans le fond de mon âme. J'inspirais le poète en lui peignant ma flamme. Que son art. à mon gré; s'y prenait faiblement I Et que le bel esprit est loin du sentiment I Mais cet art vous amuse ; il a fallu vous plaire, Laisser dire des liens , sentir mieux, et se taire. ]\'est-Cv<; donc qu'à l'esprit que votre cœur est dû Et ma sincérilé m'aurait-elle perdu?
LUCILE
Votre sincérité mérite qu'on vousaime.
Dorante : aussi pour vous suis-je toujours la même. Tel est enfin l'effet de ces vers que j'ai lus ; J'étais indifférente ? et je ne le suis plus ; Et je sens que sans vous je le serais encore.
DORANTE. [adore.
Vous ne vous plaindrez plus d'un cœur qui vous Où vous établissez la paix et le bonheur, Et qui commence d'en goûter la douceur.
LISETTE', à Dorante.
Trêve de beaux discours ! il est temps que j'y pense- De par Monsieur , expresse et nouvelle défense De souffrir que jamais vous osiez nous parler.
DORANTE
Il aura su mon nom.
LUCILE
Ah ! tu me fais trembler.
LISETTE
Et même ici quelqu'un peut-être nous épie. Séparez-vous : rentrez, madame, je vous prie. Nous allons concerter un projet important.
i52 L\ METCvOMAME.
DORANTE
Rassuiez-nioi d'un mot encore, en me quittant; Ou déjà mon espoir est tout prêt à s'éteindre.