RESTITUTION
f 4>ouvevoou^avdc ivôa8e[l XajpECaio;, arpaTTQYÔç Ép[Àb>vOidc Tt [xàx] Adxwv ndTpTQç, fiywv 8i[i.apTa 4>ou)L6Ca[v àxiri]xo£v
aoO, MéjiLVOV, T^JÇ^Y^aaVTOÇ, Vi[vCx' &v] [JLIl^TTjp
5 V) 0^ j^uOciaa aôv 8éji.aç àir[opoTri «Téjcpet • Oijaaç 8è xal ontioa^ xt xàpT[a çi)Lo6éwç], toOt' aOTÔ; i^ÔTTQaev cl; «et[o xléo;] • « Adlov jjLèv Apyb) icavç è<î)[v ây*^ 'oiôov] • « AdXov 8è çTiYÔv Tîjv Atô[ç AuScovaCou]. 10 « Se 8' aÔTàv ^wot; jjloQvov l8p[axov â|iLotç], « &ç aOxôç i^X'^^> **^ PoT^vTiv' [IxçépEt;]. » ToOtov 8è aoi ^^pa^e tôv («(^(^©[v eO«6V|ç], 6ç tîicEç «Otû cpCXTûtTÔ; t' [T^ffi;d!ico].
Fimisulanus Gharisias, stratège d*Hermonthis et natif de Latopolis, accompagné çle son épouse Fulvia, Va entendu, 6 Memnon, rendre un son ao moment où ta mère éperdue honore ton corps des gouttes de sa rosée. Charisius, Payant fait un sacriOce et de pieuses libations, a chanté ces vers à ta gloire :
u Dès mon enfance j'ai appris qu*Argo, que le chêne de Jupiter Dodonéen avaient été doués de la parole ; mais tu es le seul que j*aie pu voir de mes yeux, résonner et faire entendre une certaine voix. »
Charisius a gravé pieusement ces vers pour toi, qui lui as parlé, et Tas salué amicalement.
L. 1. Au lieu do EN0ACE la copie de Pococke porte, EN0AAE; j'ai lu èvôa^el pour evOa^i , orthographe qu'on trouve encore plus bas (n**XIV. v. 1.). PEICTOC est certainement la fin du mot Xocpeiaioç. Le nom ^ouveîaou^avoç ne pourrait guère entrer dans de tels vers, à moins que le second OY n'ait été pris pour une brève, ce qui est ordinaire quand
OY exprime TU bref dans les noms propres (n** XLVI). Mais, pour ce nom propre, toute licence était permise.
L. 2. 'Ep(Aciv9toç est ici trisyllabique. La leçon AATCON TTATPHC ne laisse aucun doute. Dans l'hypothèse où Charisius a voulu dire qu'il était à la fois stratège des deux nomes, ces mots signifieront Aoctwv TroXewç, de la ville des poissons latus. Mais il faut convenir que le mot iraTpiQç serait alors assez singulier. Le sens de ce mot amène nécessairement l'idée que Cl^risius avait Latopolis pour patrie. Le nom de cette ville, ordinairement abrégé en LatOy Aolt^^ Tétait aussi en Laton ou AôtTwv, sous-entendu oppidum ou mli^ (1). Dans l'idée, qui me parait indubitable, que Charisius était de Latopolis, AaToxo^eiT7)ç, comme il est dit dans l'inscription précédente, on lirait :
STpaTTîyoç *Ep[A(i)v0i6ç Te[)câ)c]AaT<av icdcTpiQÇ,
ou bien, comme un ami me l'a proposé,
SrpaTTiyo; 'EpjAwvOioç ri [)cev ôv] AdcTwv TraTpt;.
Le sens est le même dans les deux cas. Je me suis arrêté au premier, parce que l'espace n'est que de trois lettres. Quoi qu'il en soit, Charisius a pu faire brève la première de xàTpiQç sans trop de licence. Il n'en est pas de même de (xtjty^p à la fin du vers 4 ; tl est évident que Charisius, comme Caecilia TrébuUa {ïV* XLI), a mêlé des choliambes ou scazons à ses vers ïambiques : ceci répand beaucoup d'incertitude sur la restitution de la fin des vers, que j'ai terminés uniformément par des ïambes. Mais on pense bien que je n'ai pas la prétention de retrouver les mots mêmes de l'auteur; il suffit d'avoir restitué le sens, et je crois y être paiTenu.
V. 3. Les lettres qui terminent le vers, après la lacune, sont AI0EN dans Pococke, TOEN dans Sait; le T se confondant souvent avec Y (n'^XIX, v. 8), on a AYOEN. Ces
(1) Wesseling. ad îtiner, Veter., p. 160, 732.
lettres pourraient être la fia de -oXudev ; mais je préfère suivre la leçon de Sait, et je lis [à)C7i]xoev, qui complète le vers et le sens.
V. 4. Après HXHCANTOC, la copie de Pococke donne les deux lettres H A, qui peuvent être la conjonction lôvixa, se rattachant au verbe à l'indicatif, dont on n'aperçoit plus que les lettres çei à la fin du v. 8. Pour la mesure, j'ai lu vivix' av, après lequel un bon écrivain aurait mis le subjonctif; mais Charisius n'y regardait peut-être pas de si près. Au reste , pour ne pas lui faire tort, on peut supposer qu'il avait écrit Yivixaye, ou même 7)vixa; car il a bien pu mettre un pyrrhique au cinquième pied. *
V. 8. La fin de ce vers, d'après les lettres conservées, doit être à7r[opoTi crrejçei. Le mot ûéxopoYî est poétiquement pour âiroppoYi, comme dans Nicandre alppotç pour aîpp^otç (1)'; et il s'entend des gouttes de rosée que IJAurore verse sur son fils. St^çeiv a le sens à' orner , à! honorer ou S! embellir^ comme dans ces exemples : Oeoç jiLopçY)v cTreai dreçei (2), x^*^^^ Tpi(J7r6v^oi(n tov vcxuv oreçet (3), et x«t « Trav^ptiffoiç eyw frzi^tù Xaçupotç (4). Quant à l'idée, c'est celle qu'exprime Ovide, quand il représente la rosée comme étant les pleurs versés par l'Aurore sur la mort de son fils... Piasque Nunc qttoque dat lachrymas, et toto rorat in orbe (8). Servius dit aussi : Cujm mortem mater Aurora hodièque rore matutino flere videtur (6).
X*j6eî<Ta, expression de tendresse, paraît un souvenir homérique; ainsi Briséis entoure le corps de Patrocle de ses bras, âaç' aÙT^i x^{^^ C^) î ce qui a été imité par l'auteur anonyme d'une épigramme funéraire, TafCji) îcepi To>Âe x^OeÎGa IIxi^oç. • . KaXkiOTza (8) ; à moins que notre poétastre ne joue sur l'idée de
(1) Ther., 315, 318.
(2) Hom., Orfyw., 8', 170.
(3) Soph., Antig.f 431.
(4) Ajax, 93.
(5) Ovid., Metam., XIII, 621.
(6) Serv. ad jEn., I, 493.
(7) Iliad., T', 283.
(8> Antholog. adespoi.,lik, — Antkolog. palat. App., 251.
la rosée et des larmes^ et ne veuille dire que l'Aurore fond en larmes, pour en arroser le corps de son fils. Tryphiodore a une expression analogue, ireaovTa atfjiaTi Saxpueraç i)(y^ (1). Ici yuOeîax exprimerait une idée analogue à celle d'Ovide, quand il dit de l'Aurore, désolée de la perle de Memnon : Luctibus est Aurora suis intenta.
Gharisius exprime donc ici poétiquement le riy^oMoa xpo 77p(dTnç b>paç du n<> XII. Il ne parle pas de la seconde fois.
V. 6. 6u(Taç y-ai (TTc^tffaç. Gharisius a traité Memnon comme un dieu. Cela est expliqué plus haut (pag. 121). A la fin, çi>.o- Oew; ou tout autre adverbe d'un sens analogue.
V. 7. Je rapporte aùxo; à Gharisius : Yi'JTTjdev a le sens de dire, déclarer j comme dans Eschyle, toixOt' âiiTcîv (2) ; et Euripide, (içayriv oèuTcrç tTQv^e (3). Dé même toOto en est le régime et désigne la pensée exprimée dans les quatre vers suivants, que j'ai guillemettés,
V. 8. Gette ligne avait été passée entièrement par Pococke. La leçon tzxiç eà)v est certaine, de même que le sens de ce qui suit : quant aux mots, ce sera iytù (ii.à6ov, iyw' îc>.tio^, ou eïvat ejjwcOov, ou eîvai è^aY)v, ou toute autre chose de ce genre. Aa^o;, épithëte très-convenable au vaisseau Argo. On connaît Xa^oçTpomç, euXa^oç 'Apyw, 7ro^u7)Yopo; 'Apyw (4).
Y. 9. La même épithëte ne convient pas moins bien au chêne de Dodone, que Sophocle appelle iroXuyXweraoç ^pO; (5), ce qui se rapporte au grand nombre de feuilles dont le bruissement formait l'oracle ; la correction 7roXuy>.(â<jffou, proposée par Yalckenaer et adoptée parGlavier (6), est inutile; Eschyle donne à ce chêne l'épithëte de 7rpo(nf)yopoç (7). Le faux Orphée
(2) S. C. r., 380, 626, Blomf.
(3) Electr., 757.
(4) Pseudo-Orph., Argon., 264, 487, 707.
(5) Trachin., 1184.
(6) Mém. sur les oracles, pag. 29, 30.
(7) Prom, vinct,, 856, Blomf.
l'appelle aussi 9/17^; (1), comme Apollonius de Rhodes (2), Apollodore (3) et Sophocle lui-même (4).
A la fin du vers, dans Acd^covxiou, la pénultième peut être brève, avant une voyelle (5).
V. 10. AÙTov après ai est pléonastique, ce qui arrive souvent dans ce cas (6). Le mot o^^roi; appelle i^eîv, ôpav, oTrwTrsîv, ou tout autre de ce genre : les lettres EAI peuvent nous mener à c^uvi(A7iv iServ, ou bien à eipaxov cpîç, et le pyrrhique n'est pas une raison pour rejeter cette leçon, ou bien enfin à è^ocYiv ept; ; ce qui convient également à ces vers, où les syllabes sont comptées autant que mesurées.
V. 11. BoTov Ttv' [cxçepeiç], comme dans Euripide, (fifta poav (7) ; et cÇViveyx' otux (8).
V. 12. STt5ro[v ilatëriç]. Un de mes amis propose tov gti/wv ;:6vov. J'ai pensé qu'il y avait là une épithète se rapportant à Charisius, (tti/ov eo^^aptç, eOGeêviç, ou toute autre : tov çti^ov pour Toùç dTiyouç, est facile à justifier (9).
V. 13. A cause de aùr^ qui suit ElllEy j'aime mieux rapporter o;à<îoi, c'est-à-dire à Memnon ; alors on lira EirTECAYTW : on peut lire aussi à la fin e<JTn(x.ave; ou cyvipueç; je préfère Yi^nràÇeo, comme moins tautologique, sans être arrêté par l'ionisme; une irrégularité de plus pu de moins ne peut ici nous surprendre : ainsi vuv w; cuvTiOeK; xal çtXouç 'y)<nra?^eTo (n** XL). Il a pu y avoir çiXtoÔ' oç t' au lieu de çt^Taro; t'. Les graveurs n'avaient pas toujours égard aux aspirations (V. n" XIV).
Je soupçonne que Charisius a écrit ces vers la première fois qu'il a entendu le colosse, au lever de l'aurore, ::po TrpwTTiç âpaç, comme il a dit au n"" XII. Ensuite, le lendemain ou tout
(1) Argon., 264.
(2) Argon., IV, 581, cf. Jacobs ad Deleci, Epigram., p. 286.
(3) Bt6/.,I, 9, 16, §6.
(4) Trach., 174.
(5) Matih, Ausfûhrl, Gramm., § 23 b.
(6} Scfutfer ad Greg. Cor.y p. 873. — Jacobs ad Anth, Palat. Addend,, p. xlvi.
(7) OresL, 147, 148. *
(8) Danaë, 10.
(9) Adespot., 571, ▼. 5.
autre jour, l'ayant entendu une seconde fois, il a consigné le souvenir de cette double faveur dans Finscription en prose. Ainsi a fait un autre personnage (n*' XXXII).
K€A€PCTPATHrOC€NeAA€l HAPHN
M€MNONOCOYXOna)C(l)AKOYC€TAI
€NKON€irAP(2)AYTHTHTC0NXC0MITa)N(3)
nAPHN 0€a)POCKAI nPOCKYNHC(«)(4)Alav
M€MNa)N OTirNOYCOY A€N€^€(j)eErCATO
K€A€P A€AnH.€ l€(j)A HA AIN HAPHN
M6CAC AIACTHCAC HM€PAC AYO
HKOYC €N €Aea)N Toi e€OY TON HXoN
Z AAPIANOY KAICAPOCToY KYPIOY €nic|)"a)Pa- T\
Pococke a copié ces lignes à demi barbares. Sa copie est, à quelques lettres près, la même que celle de Sait. M. Jacobs a fajt de grands efforts pour y trouver du grec au moins passable : mais il n'y a réussi qu'en proposant de^ changements inadmissibles.
D'après cette copie, confirmée par celle de Sait, je ne vois guère moyen de lire autrengient ces lignes de mauvais grec, dont l'auteur semble avoir voulu faire des trimètres ; mais il ne regardait pas à une syllabe ni même à un pied de plus ou de moins, et ne craignait pas de commencer quelquefois de tels vers (si vers il y a) par des trochées :
K£>.ep (8) aTparrjyoç èvOa^et Trapyiv
(1) onioc. Foc.
(2) HA P. Poe.
(3) XCOMATCON. Poe.
(4) nPOCKYNHCHN. Poe.
* (5) M. Jacobs (AbkandLy S. 148) voit iei nom égyptien, K€A€I pour K€AI. Il adopte la leçon ivOaSel pour ivOaôr. V. 2. oOx ôico»;. V. 3. &v etxévi icap' aùr^. V. 4. xal icpoaxuvTiatv.
LA STATUE VOCALE DE MEMNOiY 127
Mé[Avovoç où)^ 0X0); âxouaeTXi •
fjptoveî yàp àuT^ t^ tôv x(i>(i.yitcî)v .
icapYÎv Oecapo; xai icpodxuwjerwv Xtav •
Mé[i.v<i)v éiriyvou; ouSàv èÇcçôcyÇaTO.
KéXep Je âinfiei . Iç' a TcaXtv Trapyiv
[xioaç 5ia<JTin<Jaç Tifiiepaç 5uo *
•^xouaev 6^6à>v tou Oeoo tôv yij(^ov .