SECTION IL
Inscriptions relatives au voyage d'Adrien et de Sabine à Thèbes, au mois de novembre de l'an 130 de notre ère.
La première est la plus courte ; car elle nfe porte que ces deux mots en grands caractères :
IMPERAT. A[D] RIANOC
Mais une observation peut la rendre intéressante. Il est clair que tout autre que l'empereur Adrien ne se serait pas contenté de mettre ainsi son nom purement et simplement, sans autre qualification que celui A'Imperator, sans aucune phrase qui s'y rattachât. Ces deux mots ont donc été gravés sous les yeux et par Tordre de l'empereur. Celui qui les a gravés était un Grec; du moins la finale OC, qu'il a donnée au nom, l'indique assez clairement, de même que la forme arrondie du C pour S. L'absence de l'H devant Adrianus en serait un autre indice, toutes l6s inscriptions latines, aussi bien que les médailles, présentant l'orthographe H ADRIANUS.
Cette inscription a beaucoup exercé la critique de d'Orville, ainsi que de M. Jacobs, qui l'a insérée dans ses deux éditions de V Anthologie. Mais le texte véritable est tellement différent de celui que ces savants critiques en ont donné, qu^on peut presque la considérer comme inédite.
Il y a d'abord trois lignes de prose (V. le texte, p. 40) dont Pococke, Jablonski et M. Jacobs lui-même ont fait une in-
i34 LA STATUE VOCALE DE MEMNON.
scriptîon à part. Mais il est certain qu'elle n'est rien autre chose que Ta^nonce de ce qui suit. Cotte annonce doit" se lire :
'lou^iaç BoLkSiXh)ç (gén. poétique pour Ba>.Çi>.^aç), oTe YÎxouae toG Msjjlvovoç (par abrév. Mé|jLvo;)
K [Vers] de Julia Balbilla, lorsque TAuguste Adrien entendit Memnon. »
Jablonski {Synt. p. 93) avait lu KAMIAAHC. M. Jacobs {D. M. s, 58) avait cru pouvoir faire de la première ligne 'lou- \i(x, S. Ba<jiVi;, Julie Sabinh, reine (1), sans doute d'après Leich, qui lisait 'lou^ia Ba(7iXt(7<ia>t. t. >.. et tirait de là d'étranges conséquences {Pococke, Inscr. anliq., p. 82), réfutées par Eckhel (Doc/r, Numm. F/, p. 521). La première lettre de ce nom étant figurée comme un B sur les deux copies, je ne doute pas que ce ne soit non KAMIAAHC, mais BAABIA- AHC, le nom de la même personne qui a composé les deux inscriptions n°* XXI et XXIII, écrites, comme celle-ci, en dialecte dorique, et avec la même recherche de formes inusitées. L'extrême rareté du nom Camilla, au temps d'Adrien, suffirait pour nous décider en faveur de l'autre leçon. Cette pièce cesse donc d'être anonyme; et dans une édition future de VAnthologiey il faudra la donner à son auteur, Jiilia Balbilla.
* La date en est fixée au moment où Adrien entendit Mem * non. Cet empereur est certainement resté plusieurs jours à Thèbes. Adrien, si curieux des monuments de l'antiquité^ n'était pas remonté jusqu'à cette ville pour n'en pas examiner en détail les magnifiques ruines. Il ne serait pas surprenant qu'il y fût resté un mois entier : cela nous expliquerait le grand nombre d'inscriptions memnoniennes qui se rapportent
(1) Conjecture qu'il abandonne avec raison dans les AbhandL, S. 142, mais sans en proposer une autre.
au temps de son séjour, et la consécration d'un mois entier, que lui firent les Thébains (V. n° XXXIII). Il dut entendre Mcmnon plusieurs fois, et à des jours différents : c'est probablement pour cette raison que notre poétesse n'a point exprimé le quantième^ comme elle l'a fait dans l'autre pièce sur Sabine (n** XXI). Nous verrons plus bas que le voyage d'Adrien à Thèbes eut lieu à la fin d'athyr de l'an 130 de J.-C.
Afin qu'on juge do tout ce qui restait à faire pour la lecture et l'intelligence de cette inscription, je mets en regard les deux copies de Pococke (A) et de Sah (B), et ensuite le texte de M. Jacobs et ma restitution.
(A) lOYAlACBAAIAAHC
OT€HKOYC€IOYAI€C0NOC OC€BACTOC AAPIANOC M€MNONAnYN©ANOMANAICYnnONAAIU)AYCAI
AinOMCMNCOOJNHNGHBAlXCOnYAIOCO AAPIANONA€CIAC0NTONnAMBACIAHAnPINAYCAC
ACN(0XAIPHN€in€POI(0CAYNOTON TlPANAOtT€AA(0NAOYKOICH AIA > ©€POCinHOIC
I.ICKlAia)PAa)NAen€PONHXAA€TPON a)CXAMBOAOTYn€HTOIHW€MNC0NnANHAYAAH
OAYrONONMIPh. .YTRITONAAONIH KOIPANOCAAPIANOC...AICAAICTOCAPOKAYTOC
M€MNONAKANC AIKAA. • .MOYnOYOlC
rPOnnATACAMAIN. .TATOC€YIACKAOCC€CAKOYC€
AHAONnAICIA€r€ .TCOCI€4)IAICI©€OI .
(B) lOYAlACBAAAIAAHC
OT€HKOYC€TOYM€MNOC ^ OŒBACTOC AAPIANOC M€MNONAnYN0ANOMANAirYnTIONAAICOAYrAI
AI©OM€NON(t>a)NHN0HBAIXCOnYAI©U) AAPIANONAÇClAWNTONnAMBAClAHAnPINAYrAC
A€Aia)XAIPHN€in€rOia}CAYNATON TnANAOTY€AAa}NA€YKOICIAIAI©€POCinnOIC
IIICKIAIC0PA(0NA€YT€PONHX€M€TPON C0CXAAKOIOTYn€NTO OIHM€MN(0NnA AINAYA AN
OZYTONONXAIPa)...AITPITONAYONIH kOlPANOCAAPIANOC, . . AlCAACnACCATOKAYTOI
MeMNONAKANC AAKAM- .€NOI CITONOIC
rPOnnATACAMAINC-..TATOC€YIA€K(0CC€CAKOYC€
AHAONnAICIA€r€..T(i)Cr€4)IAICI©€OI