NOUVEAU TEXTE
MéjjLvova iruvflavofxav alyuiuriov, àXiw aùya
'A^piavov S è(7iS(bv TOV irajxêaai^.YÎa irplv aùyàç
àe>.t(o, yaip7)v eîxe y' ol, w; ^uvarov, TiTav J* OTT*, 6>.awv ^eujcowxi ^i' aïO^poç ïinrotç,
èv] (xxia (ôpdccov Sc^repov îijre ixlrpov, *
(1) Dans les Abhandlungen, M, Jacobs a lu, v. 2, 6t)6«îx£v ircSCuiv. V. 4, Elite TopûcauvcTÔv. V. 7, «tcoTOTUTcric. V. 9, ïdç* ivait,
(2) Je prends cette fin dans les Ahhandlungen, S. 134.
LA STATUE VOCALE DE MEMNON. i37
<5)ç jolKkoio TUX8VT0 [ç,] vn M^pLVwv TuxXtv aù^àv
ôÇuTovov • )^aipw[v x]ai TpiTov ay ov ît) • Koipavoç 'A^piavoç [To^ajxtç ^' ocOTuaddaTo xaÙTo;
M/(JLvova • xa[l BaX6i>.]>.a xajxev owt tcovoiç ypoincaTa, <ra|jLatv [ov] Ta t' oc' eu tJe, xucg* eràxouoe'
A75>.ov Tuawri ^* iy«[v]T* c5; y' é çiXoiai ôeoi .
TRADUCTION
u J'avais appris que l'Égyptien Memnon, échauffé par les rayons du u soleil, faisait entendre une voix sortie de la pierre thébaine. Ayant « aperçu Adrien le roi du monde, avant le lever du soleil, il lui dit bon « jour, comme il pouvait le faire. Mais lorsque le Titan, traversant les «< airs avec ses blancs coursiers, occupait la seconde mesure des heures, « marquée par Tombre [du cadran], Memnon rendit de nouveau un son « aigu, comme celui d*un instrument de cuivre frappé ; et, plein de joie « [de la présence de l'empereur], il rendit pour la troisième fois un M son. L'empereur Adrien salua Memnon autant de fois : et Balbilla a u écrit ces vers composés par elle-même, qui montrent tout ce qu'elle a « vu distinctement et entendu. Il a été évident pour tous que les dieux u le chérissent. »
V. 4 et 2. Ces deux premiers vers ne présentent qu'une seule difficulté ; mais elle est grave. Â la fin du deuxième vers les deux copies portent clairement- 9HB Al KCJriYAlGCO ; la leçon do M. Jacobs, 07)6aïxûv irpo 7cu>.wv, est tout à fait arbitraire. Il y a évidemment les mots ârjêaixô . . . ^i6w : mais que faire de la syllabe TTY qui précède XiOw? Est-ce 'tto Xi9w? Cela serait peu naturel. Si on lisait OToêaïxw vj ^iOa>, on aurait une cheville peu admissible, d'après le mérite de ces vers, qui sont fort bien tournés. On retrouve encore ce petit mot dans une autre pièce du même auteur, et juste dans la même position (n° xxi). EKAYON AYAHCANTOC ETO) nY AieCO BAABI AAA. Il n'y a pas moyen d'y rien changer. Un de mes amis a pensé que ce nYAieCi) pourrait bien être un mot hybride composé de l'article égyptien TTY ou TTI par iotacisme, et du mot AieOC, qui désignerait le colosse. Cette conjecture est savante et ingénieuse ; mais je n'ose l'adopter : il est bien vrai que le colosse est souvent appelé la pierre (n" xu et
XLii); mais comment croire qu'une personne qui prend la peine de faire d'assez bons vers élégiaques y insère un mot barbare, quand il lui était si facile de faire autrement?
On remarque dans cette pièce et dans le n° xxi une recherche extrême des formes doriques et éoliennes les moins usitées. Il serait donc possible que TTY fut un exemple de cette affectation outrée. Notre Balbilla, qui n'a pas craint d'écrire, comme on le verra, Opi pour ôpo, xm^t pour Ta^e, ypowrcaTa pourypajxjxaTa, a bien pu dire TTY pour II, ce qui n'est ni plus ni moins étrange. Les Éoliens et les Doriens, changeant leTenn, disaient CnOAH et CnAAION pour CTOAH et CTAAION (1); comme ils changeaient le I en Y (2), peut-être disaient-ils aussi TTY pour Tl ; du moins notre pédante Balbilla a pu se croire autorisée à admettre cette forme. Je laisse donc subsister la leçon TTY, qui est dans toutes les copies des deux inscriptions. Balbilla s'en sera servie pour modifier le sens du verbe; ici çwveîv. . , ti ; et au n® xxi, aù^TidavToç. . . ti. Au n** XIII, on a trouvé Potiv riva cxtpepei; ; Lucien {Philops., § 33) a dit aussi : yiHoixja . . . a<j7)jjt.6v tivx çwvyiv .
Il est presque inutile de remarquer que 4)C0NHN, XAIPHN sont d'excellentes leçons, çwvtîv, joiifriyf^ formes doriques, pour çwveiv, x^iftiyf (3). L'expression aùyi àXtw, qui se retrouve encore plus bas, est homérique : 0-' aùyàç 7ie>.îou [lliad. F, 371 ; X', 134).
V. 3. Ilplv aùya;, comme Trplv (opxç, dansPindare(IV, PyM., 43, Bâsckh.).
V. 4. Au lieu de eïir^ y' oî, on pourrait lire eÏTuev ol. Le F est pourtant bien formé; mais il serait mieux placé, pour le sens, après w;. La restriction w; ^uvxtov estncnve; elle montre
(1) Gregor, Corinth,, pag. 364, 619.
(2) Maittair. DiaL, p. 211, Sturz.
(3) Les leçons x^^P^^ (Théocr., XI V, 1), et IpiHjv (XV, 26), données par les manuscrits, sont défendues par Tusage qu*en a fait Balbilla contre les doutes de Valckenaer, qui préférait /stpccv et Eptcetv. Gaisford, Heindorff, Riesling, OaiU etc., qui adoptent yjiip-fi^t, ont préféré Epiceiv, on ne voit pas pourquoi. M. Boissonade est plus conséquent : il a mis x^^'p^^ ^^ Epicviv. Pourquoi pas aussi lxv)v, avec Brunck, dans un autre passage (XXIX, 20), ou xa0eû8r.v (XV, 28)? leçon que préfère aussi M. Matthiœ (AusfùhrL gr. Gramm., § 202, 1).
qu'on n'était pas bien sûr d'avoir entendu quelque chose cette première fois. En effet, puisqu'un autre témoin (n** XXII) ne parle que de deux fois, la première pourrait bien être une licence poétique.
Le vers 5 avait été très-bien lu par M. Jacobs. Il n'y a de changement que celui de câ; en ott'.
y. 6. Les deux copies donnent ICKIAI, dont il n'y a pas moyen de faire reiXe xal, comme M. Jacobs (1) : on doit lire évidemment èv <jxia, ce qui veut dire ev w6>.ci), êv àpoXoyiw, èv oxiaWipw; expression jusqu'ici inconnue dans la langue grecque. La leçon HXE pourrait être Y]xe, comme a lu M. Jacobs; mais je préfère y voir encore une affectation de dorisme, Tjjre pour eî^e, dont il n'y a pas, je crois, d'autre exemple; Balbilla s'en servira encore ailleurs.
V. 7. ù)ç joLkxoXo TinrévToç est certain. Si la mesure du vers l'eût permis, Balbilla aurait dit peut-être x<^^3cetou ; car je crois qu'elle pensait au x*^ît«wv de Dodone^ qui avait passé en proverbe. Dans tous les cas, VltjjoLae PoXotutcyjç ou çwtopjttJj; de M. Jacobs disparaît. La comparaison employée par Balbilla revient à l'idée exprimée dans cette autre inscription inédite^ copiée par M. Riffaut à Coptos :
ANTIAANTOC TOY HAIOY H KOYCAMEN THN (t>a)rHN
[KAI THNCAAnNKA TOY M€C0NOC AY8
*AvT£i^avTo; too yi^iou, Y]xoti<ia[jLev rnvçwvnv xalr/jv orx^iutvxa (sic) : Tou Mepovoç ^i8ou (?)... « Au soleil levant, nous avons eni< tendu la voix et la salpinx de la pierre de Memnon. »
La lecture du second hémistiche est également certaine : oÇuTovov, comme épithète de aùSàv, va bien avec la comparaison qui précède. C'était un son aigu et retentissant.
V. 8. Après le mot oÇutovov, la lacune de deux lettres est remplie par yatpw[v x]al, et les lettres AYON IH, ne peuvent
(1) Dans les AbhandL, S. 153, cet habile critique a renoncé à cette restitution, et il a laissé le passage en blanc.
être que A X ON IHi Balbilla emploie la même expression ailleurs (XXIII, 4) : aj^ov fn termine la phrase.
A partir de ce vers, l'original, à en juger par les copies de Pococke et de Sait, est plus maltraité. Les lettres sont moins distinctes, et des lacunes coupent les vers. Je n'avais d'abord réussi qu'imparfaitement à lire les quatre derniers. Je crois être parvenu à les restituer complètement.