‹ Œuvres choisies de A.-J. LetronneChapitre 25 sur 152 · L. 10 *AJptavoO [toO Jtupiou] [AT^vo; 'A^ptav[ou · texte numérisé non relu

L. 10 *AJptavoO [toO Jtupiou] [AT^vo; 'A^ptav[ou

H Moi, ChœrémoD, appelé aussi , stratège des nomes Hormonthite

« et Latopolite, j*ai entendu Memnon le très-divin, avec ma sœur

« Tan XIX d'Adrien le seigneur, du mois d'Adrien, le. ... »

La restitution de ta deuxième ligne ne laisse aucun doute; quant à la troisième, on a vu que Mepovo; précède toO GeioiràToii (n*** XX et XXVI). On pourrait intervertir Tordre [r,îtou(ja] ToD G£toTa[Toi» Mejjivovo;]; mais je préfère* Tautre construction.

La cinquième ligne se terminait par un nom propre, ou bien par <5pa A ou B . La sixième se complète facilement. La septième est la plus intéressante. Il y est question d'un mois *AJpiav6;, tout à fait inconnu jusqu'ici : heureusement je trouve dans un papyrus astrologique du Musée royal un passage qui nous met sur la voie. La date du fait astrologique y est exprimée en ces termes : L. I 'Avtwvivou Kaicapoç tou jcupiou, |jlyîvo; 'A^ptavoC H, xaxà 8i tov; àp;^aiou; Tuéi IH. On sait par Vettius Valons que les astrologues conservaient dans leurs calculs l'usage du calendrier vague. L'expression xarà toùç otp^^aiouç montre d'ailleurs que c'est bien de ce calendrier qu'il est question : on sait que xa?' 'AXeÇav^perç désigne le calendrier fixe Alexandrin, et xkt' Aiyuirriou; ou scaT' âpj^atou;, celui qui avait prér cédé, et qui, conservé par les chronologistes, les astronomes et les astrologues, pour la facilité du calcul, n'était pas sorti entièrement de l'usage civil, même sous les Antonins (1); on le voit par deux inscriptions de Gartas, qui sont du règne de Caracalla, où la date est marquée xar' âp^aiouç (3). Dans l'anX d'Antonin (147-148 de notre ère), le 1" thoth vague tombait le 17 juillet, et le 1" tybi- vague le 14 novembre; le 8 du mois Adrien correspondant au 18 de ce tybi, le 1" correspondait au 10, qui tombait le 27 d'athyr fixe, ou le 23 novembre.

C'est là un résultat fort singulier : le mois Adrien, introduit par la flatterie égyptienne, ne correspond point à un seul mois égyptien, soit de l'année vague, soit de l'année fixe, puisqu'il commence le 10 d'un mois de la première et le

(1) Ideler, Handbuch derChronolog.y I, 150.

(2) Oau, AnLde la Nubie, Inscript., pi. V, n<> 2; pi. VI, n» 23.

27 d'un mois de la seconde. On concevrait qu'on eût substitué le nom de l'empereur à celui d'un autre mois, comme, chez les Romains, Jiilim et Augusius à quintilis et à sextilis : mais pourquoi commencer le nouveau mois le 27 du mois d'athyr, de manière qu'il comprenjait les trois derniers jours de ce mois et les vingt-sept premiers du suivant, ou choïac? Le fait s'explique par l'inscription de Balbilla, qui nous a appris que le 24 et le 25 d'athyr Sabine a entendu le colosse de Memnon, probablement dans les premiers jours de son arrivée et de celle de son époux à Thèbes. Le séjour de ces princes a dû occasionner de grandes réjouissances, et, selon un usage dont d'autres monuments offrent des exemples, on dut prendre le jour de là principale cérémonie pour point de départ d'un mois auquel on donna le nom d'Adrien; en d'autres termes, la flatterie décréta que les trente jours qui suivraient celui qu'on avait choisi seraient éponymes ; c'est à peu près ainsi que, dans l'inscription de File de Bacchus située au-dessus de Syène, il est dit que trente-six jours dans l'année seront épotiymes d'un particulier (1).

On ne peut admettre que ce mois Adrien ait jamais remplacé aucun de ceux de l'année fixe. Sa place irréguliëre dans le calendrier s'y oppose absolument. Ce n'a pu être qu'une éponymie honorifique, rattachée à quelques sacrifices et autres actes religieux, que la flatterie conserva longtemps après l'événement, puisque le stratège Ghaerémon quatre ans plus tard la mentionne encore, et qu'on la retrouve dix ans après la mort d'Adrien dans le papyrus astrologique. C'est ainsi que le 1" thoth conservait encore sous le règne de Galba le nom de Julie Auguste, dont il était éponyme (2).

L'époque à laquelle commençait cette éponymie se rattachant à un événement particulier à Thèbes, je crois que le mois Adrien, ou les trente jours d'éponymie qu'il comprend, ont dû être propres à cette ville. Dans cette hypothèse, le papyrus astrologique où la date se trouve mentionnée serait un pa-

(1) Voy. mes Recherches, etc., p. 384.

(2) Les mêmes t p&g. 168 et suiv.

pyrusj thébain; il s'en trouvera plus tard quelque autre exemple.

En attendant, nous pouvons être sûrs que la date de notre insicription est comprise entre le 23 novembre et le 22 décembre de Tan 134 de notre ère.

TiV/i^STATILIVS. MAXIMVS. S ,

MEMNONEM. AVDIO HORA. !.••..

knte. Diem. Xll KALendas MARTlas. ANNO, XX"

H A D R lA N I . I M Peratoris Hosfri.

Inédite. La XX' année d'Adrien a commencé le 29 août 13^ de notre ère; la date de Tinscription est donc du 18 février de Fan 136.

Ce fragment* inédit appartient au règne d'Adrien, mais l'année manque :

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