Hiérogly-l phiques, V .a". Cyriologiques
composés >^ l par imitation,
des. . . .Ife'.Symboli-l
ques com-'^fc". Tropiques ou prenant j figurés,
les . . . .[
.c". Énigmatiques.
' Je crois que ce tableau comprend et explique toutes les différences que présentent les textes anciens. II en est un cependant qui n'y saurait trouver place; c'est celui de Tauleur de la Vie de Pythagore, attribuée à Porphyre. Selon cet auteur, les caractères égyptiens sont de trois espèces : épisiolographiques, hiéroglyphiques et symboliques (1). Celte division annonce évidemment que l'auteur n'a rien su de ce qu'il voulait dire : et c'est fort inutilement que plusieurs critiques habiles ont pris la peine de lui prêter une apparence de raison, à l'aide de corrections fort arbitraires. A quoi bon tant d'efforts? Un auteur n'ést-il pas jugé, quand il fait de l'écriture symbolique une classe séparée de l'hiéroglyphique? Il serait facile de montrer que ce passage n'est qu'un extrait maladroitement fait du texte de Clément d'Alexandrie, par un compilateur qui n'en comprenait pas l'ensemble : on peut y voir une preuve, entre bien d'autres, que le Malchus, auteur de cette Vie de Pythagore, n'a rien de commun avec le fameux Porphyre.
(1) rpajAULiTWv ôà Tpiffffà; Stft^o^à; {i\i^%^i nuO«Y6pa;)« cntatoXoYpaf'.xwv. xal UpOYXuçÉcûv xal 9U(i6oXtxûv * tûv pièv xoivo).OYOU(i.ivb>v (f. xupto).OYOU(isvfov) xsià |jii|&v)9iVf %ûv 5( àXXT)Yopov(A«vfa)v xfttà tiva; «IvtYpioO;. (Vit. Pyihag,, § 12.)
DE CLÉMENT D^ALEXANDRIE. m
§ II. Examen particulier des expressiofis relatives aux Hiéroglyphes phonétiques.
Il faut maintenant revenir sur l'expression la plus controversée de tout ce passage, et Tune des plus importantes, puisque c'est la seule où Ton peut voir la mention des hiéroglyphes phonétiques.
L'espèce B, 6, i, est exprimée en grec par les mots Kupio- ^oytxY) 8ik Twv 7rp(i>T6)v cTotyeCwv, Ici, deux difficultés : 1° dans quel sens est pris le mot (yroixeîwv? 2° Quel genre de modification lui fait subir l'adjectif icpciTcov? J'ai traduit : les premières (ou primitives) lettres alphabétiques. On a fait à cette version plusieurs objections, auxquelles je vais répondre avec un soin proportionné à l'extrême importance du passage.
La principale, c'est que arot^^ctac signifie éléments, non pas lettres alphabétiques, dont le nom, en grec, est, dit-on, ypajxp.a (1). Cette objection, de la part de personnes qui paraissent fort instruites dans la langue grecque, a lieu de me surprendre. Je sais fort bien que GToiyaa signifie éléments; je sais encore que yfoi^^cf.TOL est le mot propre pour dire les lettres alphabétiques : mais cela n'empêche pas que cToi^^eia^ employé absolument comme il l'est ici, et à propos d'écriture, n'ait le même sens propre et technique. J'avais cru suffisant d'énoncer le fait; je vais l'établir, puisqu'on le juge nécessaire.
Le mot cToiy^etov a le sens radical de principe constitutif des choses, et, conséquemment, est susceptible de sens trbs-divers, selon les mots auxquels il est joint, ou, quand il es|, emplo^ d'une manière absolue, selon la nature du sujet dont il s'agit.
Ce mot, que Platon le premier (2) prit dans le sens philosophique d'élément 7iaturel (la terre, l'air, le feu et l'eau) (3),
(1) Goulianoff, Questions archéographiques, p. 8. — Edinburgh Heview, p. 103.
(2; Diog. Laert., m, 24.
(3) Bentley, Diss. de Phalar., p. 292, éd. Lenn, — Lennep, adPhalar. epist,^ p. 151,15.
se trouve dans le Politique (1), le Sophiste (2), et en vingt endroits du Théétète, avec son acception générique d'élément constitutif de quoi que ce soit, et, appliqué au langage, avec celle d'élément constitutif des mots, c'est-à-dire de lettres al^ phabétiques, en tant qu'elles représentent les so?is élémentaires de chaque syllabe (3) : aussi oppose-t-il sans cesse (TToi^etov à Gunaêy). Ex. : wç (làv STOIXEIA ayvoxjTa, to *à tôv STAAA- BÛN yevoç yvw^TOv (4). = ap' ai jjièv STAAABAI Xoyov lyouai, Ta *£ STOIXEIA aXoya; (5). = 9éfe *y:, t7)v STAAABHN iï6- Vepov "kéyo^u^ TOL âjxçoTepa STOIXEIA x. t. 1. (6). =7rpoYi'i'v(o<rxetv Ta STOIXEIA arâça i^i-^ri Tq> [X£X>.ovtÎ ttotc yvwGe^rOai STAAABHN x. t. >.. (7) ; et d'autres (8) passages de ce genre, où (TTotyeîbv désigne les sons des lettres qui forment chaque syllabe : et c'est ainsi que Platon dit ailleurs. Ta tôv FPAM- MATÛN STOIXEIA ts xal cjUagai (9).
Dans la pensée de cet auteur, GToitj^eîbv s'applique non seulement au son articulé, mais encore à la figitre qui le représente, étant, l'un, Vêlement du discours ;Drtr/e, l'autre, celui du discours écrit. « En apprenant les lettres (êv ttj tûv ypaixfAaTwv (jLaÔTKjei), dit Socrate, tu n'as fait autre chose que t'exercer à distinguer les éléments (<rroi;^eîa), soit à la vue, soit à route (îv Te TY) ovj/ei xal €v tt) âîcoYi) (10), etc. » Aristote prend ce mot de la même manière (11), quand, parlant des diverses parties du
(1) Pag. 541, E.
(2) Pag. 176. D.
(3) Rudolphi, qui a fait une discussion fort intéressante bur «Toixeîa (ad OcelL Lucan., p. 404), me parait avoir raison de croire que aToixsîoi a le sens d* alphabet f dans le passage de Xénophon : BouXei axoncôiiev, àp(à(isvoi àico Ttjc tpofti;, &oTitp ànb tûv aroixeCcov. {Mém., II, i, i.) "Ap^acrOai ànà tûv aTOixei«ov lui parait signifier vom A, B, C anfangen (commencer par TA, B, C), c'est-àdire commencer par le premier commencement,
(4) Plat., Thext., p. 202, D; 203, C.
" (5> Id., ih,, p. 203, A.
. (6) M., ib,, p. 203, C.
(7) Id., id., p. 203, D.
(8) Cf. pag. 204, A.
(9) Id., ib., p. 202, E.
(10) Id., ib., p. 206, A.
, (il) Poetic, XX, 2, 3, éd. Herm.— Cf. Metaph., iv, 2, p. 884, B ; 3, p. 885, B; VIII, 3, p. 928, E : V) ovXXafi^ ix tûv aTctysiuv oSaa xal auvOcaEcc;.
discours, il oppose (rroixeiov à f^AlTè-fi^ l'un étant un son simple, Tautre un son composé; et il disting^ue dans dToiyeiov, 1° la voyelle (çwvtîcv), comme a et w; 2* la demi-voyelle ("npçwvov), comme p et <i; 3"* la non-voyelle (açcovov), comme y et«(l).
Le mot <jToiyeîov, sans rien perdre de sa signification générale^ d'élément constitutif, modifiée selon le sujet où il était employé, devint donc, dans l'usage, l'expression absolue, 1° des quatre éléments; 2** des lettres de F alphabet, qui sont les éléments du langage, ttî; Xé^ecoç Ta cToiycta £«7Ti tol ciîcoaiTéccrapa ypafAjxaTa, comme dit Diogène de Laërte (2); en sorte que, employés tout seuls, ils présentaient une signification parfaitement claire et déterminée.
La seule distinction qu'on établit dans le sens grammatical entre ce mot et son synonyme Ypa(/.[jLa, fut que celui-ci désignait la lettre écrite, et cToiyerov la lettre parlée. Les grammairiens grecs sont unanimes à cet égard (3); la distinction est aussi très-bien expliquée par Denys d'Halicarnasse : ifyjà piv ouv tia\ TfiÇ avôpwTTivY,; xxl evapôpou çwvy);, ai (jl7iîc£Ti ^eyojjifivai Xiatpeçiv (4), aç xa^oajxev STOIXEIA xai FPAMMATA. rpa(i.(jiaTa (itiv oTi ypajjLfJiarç tici <nri(AàiveTai • <rroiyeîa ^è, oti iracra fcovY) t7)v yéve'Tiv ex to'jtwv ^«[xêûévet icpcoTy^v, ^tai Tr.v ^la'Xucrtv cîç Taura (se. erroiyera) TCoieiTat rtkvjTxiTy (8). La môme distinction a été faite par les grammairiens latins entre elementum et littera (6), correspondants exacts de <rToi/eîbv et de yP^Vi"-*" Ainsi, Suétone appelle la lettre D quarta elementorum littera (7); ce qui se traduirait littéralement en grec par to t^- TapTov Tûv (jTotyeiwv ypa';x;xa; ce que Dion Cassius exprime
(1) Aristote, de même que Platon (Heind., ad Thext,, p. 483}, divise la consonne aû{if (ovov en Vj^ti^uvov et âçuvov.