‹ Œuvres choisies de A.-J. LetronneChapitre 63 sur 152 · LIGNE I · texte numérisé non relu

LIGNE I

(1) La place de cet adjectif, veou, mîs d'une manière absolue, est remarquable. On Ta séparé, par une longue série d'épithètcs ou de qualifications honorifiques, du nom Ptolélémée, IlToXei^aiou (fin delà ligne 3), qui en est le complément naturel. Ce nom est suivi de deux épithèles, aiwvoêto; et ïîyain)(iievo; uTTi Toil<E>6a ; mais les litres distinctifs vraiment royaux *E7ri(pxv7)s, Eùj^àpKJTo;, ne se trouvent que plus loin.

Si nous avions d'autres inscriptions du même genre, en rhonneur d'autres Ptolémées, nous y trouverions probablement le même protocole initial ; la seule différence consisterait dans les titres royaux, et dans l'épithète veou, qui est ici toute particulière k Épiphane, se rapportant, sans nul doute, à ce que ce prince, lors de la rédaction du décret, venait d'être couronné roi , quoiqu'il n'eut pas l'âge de majorité. V. plus bas, note 16.

(2) Kal TTapaXaêovTo; ttjv pa'îiXetav 7:apà toG TuaTpo;. Cette circonstance est plusieurs fois répétée et avec une sorte de complaisance, dans le cours de l'inscription. Ainsi, à la ligne 8, après TCapa>.r,^t; ty^ç pa<7t>.eCaç, le rédacteur ajoute, d'une manière qui semble tout à fait oiseuse : ^v 7rap£>.aÇe irapà toO Tcarpoç ; et encore à la ligne 47.

Dans rinscription d'Adulis, Ptolémée Évergète a bien le soin de dire lui-même : TrapaXaêwv Twtpà tou TuaTpoç ttjv pa^i- Xeiav. ..

Salomon écrivant à Suron, roi de Phénicie, et à Vaphrès, roi d'Egypte (lettres fabriquées par quelque juif helléniste, sous le nom d'Eupoj^mus), leur dit : vtvwiTxé (jie irapetXTjçoTa TTjv PaaiXeiav Trxpi àxêi^ toj iracrpo^ (ap.Euseb.,Prd^. Evang*^ IX, p. 448, B).

Saint-Marlin {Nouv. Rech, sûr Cep. de lamort d'Alex.,^, 87-89) a voulu en conclure qu'Epiphane avait été associé par son père à la couronne, et reculer de trois ans ravènement d'Épiphane. Mais il est certain, d'après tous les exemples, que 7rapx>.aêeîv TViv ap-^riv râpa tivo; n'a pas au fond d'autre sens que ^va^éj^ecOai ou eîc&eyecSai Ty)v àp/Tjv Trapa tivo;.

Je crois que la répétition de cette formule provient de ce que la monarchie égyptienne étant héréditaire dans la ligne masculine et féminine, le roi pouvait avoir pour successeur un autre que son fils. Celui-ci devait donc tenir à honneur de mentionner qu'il succédait immédiatement à son père. C'est ridée que ma traduction exprime.

(3) Kupiou paçiXeuov, qu'on peut traduire également par « maître des couronnes » ou « des royaumes » ; car Pa(7i>.eia, à cette époque, pouvait signifier en grec, comme « couronne » en français, à la fois « couronne, royauté et royaume. » L'inscription traduite par Hermapion (ap. Amm. Marc, XVII, 4) donne à Ramessès les épithètes de xupio; ou ^cfiroTr,; tou Àia- 8r)(iiaTo;, et de pa(Ti>.eùç ou SeaTTOTr^ç ovxoufjtiw); ou de o Tkiartç yTi; pact^euwv , dans lesquelles se montre toute l'emphase orientale.

Ces couronnes ou ces royaumes, au nombre de dix (1, 43), désignent sans doute les diverses contrées sur lesquelles s'étendait la domination des Ptolémées.

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