L-IVNIVS PRAEFE
AVDIVIMEMNONEM CVM MINICIARVSTICAVXORE KALAPRILISHORAIIANNOIV IMP. N VESPASIANI AVGVS.
Celle-ci est de l'année suivante^ ayant été tracée le 1" avril de l'an 73 de J.-C. Les deux premières lignes sont tronquées, on n'en voit que le commencement. Mais Pococke et Norden ont donné complètement la première ligne. L. IVNIVS CALVINVS. Cela nous fait voir que le mot PRAEFECTVS
LA STATUE VOCALE DE MEMNON. i09
qui vient ensuite ne peut désigner un préfet d'Egypte, car en i*an IV de Vespasien c'était un Paulinus qui gouvernait l'tgypte. Il s'agit d'un autre genre de préfecture.
Après les premières lettres de la seconde ligne, on lit dans la copie de Pococke AAONTSBSRENIC ; dans celle de Norden, MONTISBERENI . Ce ne peut être que MONTIS B ERE NIC. pour Montis Berenicidis. En effet, il est question, dans une inscription donnée par Muratori (1), d'un L. Pina* rius Natta, tribun militaire de la troisième légion (probablement Cyrénaïqué) et praBfectm Montis Beretncidis; dans une autre (2), d'un M. Ariorius Prisais Vicasius SabidianiiSj qui avait été successivement prssfectus Montis Berenicidis et epistrategm Thebaîdis, La réunion de ces deux titres nous indique ce qu'il faut entendre par Mons Berenicidis (3). Il s'agit certainement de la montagne des émeraudes de Ptolémée, mont Zabarah des Arabes, chaîne située entre Goptos et Bérénice (4), non loin de la mer Rouge, au nord de Bérénice, et dans le canton de cette ville. Là se trouvaient les mines d'émeraudes dont le gisement a été reconnu des voyageurs modernes, principalement de M. Cailliaud.
Exploitées de tout temps par les souverains d'Ég3rpto, ces mines l'étaient encore au v* siècle, au temps d'Olympiodore (8), et l'on ne pouvait les visiter sans une autorisation de ^empereur (6) ; ce qui montre assez l'importance qu'on y attachait, et la surveillance dont ces mines étaient l'objet. Les deux inscriptions citées plus haut attestent qu'en effet les Romains confiaient la garde du canton montagneux où ces mines étaient situées à un chef militaire, commandant un corps de troupes plus ou moins considérable. Ce chef militaire devait dépendre de l'épistratège de la Thébaïde, dont la juridiction s'étendait jusqu'à la mer Rouge, sans doute
(1) 203», 5. — Lupuli, iter Venus., p. 65 ; OreUi, no 3880.
(2) Grutef\, «30, 1. — OfelL, 3881.
(3) Hagenb. ap. Orellù /. /.
(4) Strab., XVU, p. 815; Plin., XXXVII, 5, 774, 25.
(5) Olymp. ap, Phot,y p. 62, col. 1, Bekk.
(6) ^>X' ovx {v TouTo duvatèv Ycv^aOat x^?^^ paaiXixY); icpoaTà^b);.
ilO LA STATUE VOCALE DE MEMNON.
pour protéger les caravanes qui se rendaient de Coptos à Bérénice ; et de là le nom à'Arabarque qu'on lui donnait aussi (V. n* LUI). Dans plusieurs inscriptions, le rivage de la mer Rouge, y) TrapacXia ttî; 'EpuOpàç ôa^ac^nriç, est placé sous sa juridiction. On conçoit alors très-bien que le commandement des troupes chargées de garder les mines fût un titre pour être ensuite nommé épistratège^ comme le fut M. Artorius Priscus.
L'expression Prœfectm Montis Bereniddis fournit une dénomination géographique qui manque dans les auteurs ; on voit en effet qu'indépendamment du nom de Smaragdi motis (S(i.àpay&oç opo;, selon Ptolémée, probablement S(JLapàySou opo;)^ on donnait à cette montagne le nom de mont de la Bérénicide, ou du canton de Bérénice; en grec, to tyî; BcpevixiSo; opo; ; et le prâsfectus Montis Bereniddis devait s'appeler 2Wap}^o; tou ttîç BepevixiSoç opou;.
L'inscription, restituée d'après la comparaison des trois copies, sera ainsi conçue :
X. lunius Calvinits \ Prœfecttis Montis Bereniddis \ audivi Memnonem, cum \ Minicid Rusticâ uxore \ Kalendas apriles, horâ II ; Anno IV imperatoris nostri \ Vespasiani AugustL
Il s'agit donc de L. Junius Galvinus, préfet du mont de la Bérénicide, qui entendit Memnon, avec Minicia Bustica, sa femme, à la deuxième heure, le jour des calendes (le 1") d'avril de Tan IV de Vespasien, 73 de J.-C. On pourrait lire MINVCIA; mais Minicius se disait tout aussi bien que Minucius (1); témoin, entre autres, Gains Minicius Italus, préfet d'Egypte sous Trajan (2).
(1) Morcelli, Indicaz, anlig. per la villa Albani,^. 16.
(2) Labus, di urC epigrafe latina, p. 99.
HANICIVS.I.I.VOL.VERVS.VIENNAI
DIS ÏÏÏCVR-AVDI MEMNONIVI IDVS NOVEMBR ANNOÎM IMP.N.ET VIIK lANVAR ETXVIIIK FEBR ET IVNON .IMPEMETV-IDVS lAlDET.XIIIK.MARTETXIIMARTETVillD.MA ETVII IDVSIANBIS ANNOIIII-IMP. AVC ETXVK-MART.ETVII AVDI M . ET
VIII IDVS APRlHS ANN.EIVSDEM ITEM IVNON IVNIAS ANNI EIVSDEM
Je rapporte au même règne cette inscriptioD, dont Pococke n'a donné que les premières lignes, mais bien inexactement (1).
L'absence du prénom devant HANICIVS choque dans une inscription de ce temps. Je crois qu'il faut lire M. ANICIVS. Le M et le H se confondent facilement. Après VI EN N A, il a pu y avoir ORIVNDVS; mais la ligne deviendrait beaucoup trop longue, parce qu'il manque ensuite un titre militaire, PR* ou P. P. devant LEGIO qui terminait la ligne ; ^ car DIS IH CIR de la ligne suivante ne peut être que NIS m CYR. Il y a donc eu très-probablement ellipse du participe après le nom de la ville, comme dans César : Cn. Magins, Cremoîid (2); et. . . C. Felginas, Placentiâ; A. Granius, Puteolis; M. Sacrativir^ Capuâ (3).
Les trois premières lignes se liront ainsi :
M. ANICIVS. lu/nPiliusWOUmid. VERVS. VIENNA [... LEGIO]
NISTÏT CYRe/2«ic«.AVDI.MEMNONE/7i.l"v.lDYS(4)
NOVEMBRe^. ANNO.FÏT. IMPera/om. Hostri. ET. vTi • Ka/endas.\ANWARiaSy etc.
(i) Cf. Jacobs D. M. S. 71.
(2) Bell. Civ., I, 24.
(3)/rf.,m,71.
(4) Ou MBMNONEMIDUS.
m LA STATUE VOCALE DE MEMNON.
• Le nom do Tempereur manque, comme dans la précédente ; mais on peut le suppléer. Une inscription de Dekkeh nous montre que la troisième légioîi Cyrénaîque était cantonnée en tout ou en partie dans la Haute-Egypte, Tan XXI de Tibère, 34 de J.-C. (1), et Ton sait par Tacite que Titus l'en tira pour la guerre de Judée (2). L'inscription esl donc antérieure à cette époque ; elle pourrait être du temps de Tibère, de Galigula ou de Néron ; mais la formule IMP. N. me la fait rapporter à Vespasien comme la précédente ; les époques sont comprises dans les années 72 et 73.
M. Anicius Verus, natif de Vienne, soldat ou officier de la troisième légion, a tenu note détaillée de toutes les fois qu'il a entendu Memnon en passant et en repassant à Thèbes pour Texercice de ses fonctions.
£n Tan III, il a entendu sa voix le IV des ides de novembre.
En Tan IV, le VII des calendes de janvier, le XVIII des calendes de février, le IV des noncs et le V des ides de ce mois (je lis: IV. NON. EIVSDEM. ET ÏDVS, EIVSDEM.), le X 1 1 1 et le X 1 1 des calendes de mars (1. 5, je lis : ET . XII . K . MART.), le Vil des ides de mai (ID. MAIAS.), le VII des ides de juin (1. 6, je lis : IVN au lieu de I AN) deux fois.
Il avait fait un oubli, à ce qu'il paraît ; car, après avoir marqué Tannée Q. 6, ANNO llll IMP. AVC), il ajoute:
Et le XV des calendes de mars, le VII des ides du même mois (je lis : ET. VII. ID. EIVSDEM.), le VIII des ides d'avril, le IV des noues de juin de la même année.
Je remarque que cet homme, si scrupuleux sur les dates, n'a pas marqué une seule fois Theure ; circonstance que les autres mentionnent avec tant de soin.
(1) Oau, AntiquU, de la Nubie, pL XIV, 31.
(2) HUt., V, i.
Inédite. Le commencement et la fin des lignes manquent.
OCKAAYAIOCHP OYCAM6MNON AXlAACIKAI (OPAC.Â.L.H AYIU CKAI.CAPOCOY€CnACI iC.TOYMHNI MNHMCNOC ICAlAIONYC YTWN
On doit la lire ainsi :
Ti6ipi]o; K^aiiSioç "Hp (av Yixjou^ra M6(ii.vov[oç . • • .
. erjv] A)(^uXXet Jtai ....
'. . . . ôpa; A . L . H . a'jTo[xp aTopoJç Kaiaxpoç Oùeaxa<Jt[av oG «êJaoTou, (AYivi
. .[Ae][AVY)(J(ivOÇ
• . . .xal Aiovua[iou ....•• . • • • aJÛTûv
(( Moi, Tibère, Claude Héron, j'ai entendu Memnon avec Achille et. . . . la première heure. Tan VIII de Tempereur César Vespasien Auguste,
le.... du mois.... m*étant souvenu de.... et de Denys. ... et de
leurs »
La date est de Tan 77.
Au lieu de ''Hpwv, il a pu y avoir tout autre mot commençant par Hp, tels que *Hpax^eio;, *Hp6^oToç, 'Hpo- ^upo;, etc.
Le mot âpa; a pu être précédé de jvto;^ comme dans les inscriptions XX et XXII; mais la place est nécessaire pour le nom qui manque ; et le génitif peut aussi bien aller que le datif. On en verra d'autres exemples (n** XV).
Rien de plus commun, dans les proscynemata {actes d'adoration ou hommages religieux)^ que cette expression, je me suis souvenu de tel ou tel, de ma femme, de mes enfants^ de mes frères ou de mes amis. En rendant hommage au dieu, le voyageur se souvenait des personnes qui lui étaient chères ;
ce souvenir, accompagné d'un vœu, appelait sur elles la faveur divine (1).
C'est là l'explication de ces mots èpiQGOyiv, èjjivTicÔT), ou [jL8(Avr,(ji.evoç, suivi de noms au génitif, qu'on trouve si souvent dans les inscriptions de ce genre, et qui suffisaient pour leur donner le caractère de proscynemqfa.
Cette inscription, mal copiée par Pococke, mieux par M. Girard, ne l'a été complètement que par Sait ; aussi la première ligne a toujours été mal lue; Norden seul avait donné la vraie leçon :
FVNISVLANA.VETTVLLA C.LELII.AFRICANI.PRAEF.AE VXOR.AVDI.MEMNONEM PRID.FEBR.HORA I. S ANNO.I.IMP.AOMITIANI.AVC.
CVM.IAM. TERTIO. VENISSEM
Le préfet d'Egypte C. Lselius Africanus n'est connu que par cette inscription. Sa femme Funisulana Vetulla visita Memnon le 12 février de l'an I de Domitien ou 82 de J.-C, une heure et demie après le lever du soleil, probablement ' sans son mari ; autrement elle en aurait fait mention. Comme on ne peut admettre l'expression pridie febriiarii pour pridie calendas februariaSy au lieu de PRID. que donnent les deux copies j'ai lu PR. ID. ?^idie IDw5 (2). Le A pour D dans le nom de Domitien est une distraction du sculpteur, probablement Grec. Ce genre de confusion se trouvera dans plusieurs autres inscriptions.
C'était la troisième fois que Vetulla venait pour entendre te colosse. Deux fois elle était venue sans succès.
(1) Voy. dans le Journal des savants, année 1831, p. 409.
(2) M. Jacobs a fait de son côté la même observation {Abhandl., S. 51).
yiii
SEX LICINIVS PVDENS 1 LEG. XXll XI K lANVARIAS.ANNO ÏÏÏÏ IMP.[N] DOMITIANI.CAESARIS.AVGVSTI GERMANICI.AVDI.MEMNONEM.
Copiée par Pococke et M. Girard, publiée par Jablonski, M. Orelli (1) et M. Wiener (2). A la fin de la seconde ligne, après ANNO llll, on avait lu D.N-; mais IMP. est clair dans la copie de Sait.
Sextus Licinius Pudens, centurion de la vingt-deuxième légion, atteste que le 11 des calendes de janvier, l'an IV de Domitien (22 décembre 84 de J.-C), il a entendu Memnon. U a oublié de nous dire à quelle heure.
C'est le titre GERMANICI, à la quatrième ligne, qui a fait croire que Germanicus avait écrit son nom sur le colosse (plus haut, page 13).
IMP.DOMITIANO
CAESARE AVC.CERMANIKE XvTl TPETPONIVS SECVNDVS PRAEG.
AVDIT MEMNONEM HORA 1 PRIDVS MARX ET HONORAVIT EVM VERSIBVS GRAECIS INPRA SCRIPTIS <|)©€rïAOAATOIAACONrAPM€POC(0A€KA©HTAI M€MN(0NAKT€ICIN6AAAOM€NOCnYPINAlC CVRANTET-ATnOMVSA PRAEÇ" COH ÏÏ THEBAEOR
(2) De Legfiotw XXll, p. 141.
Publiée par M. Hamilton et par les auteurs de la Description de ThèbeSy d'après la copie de M. Girard. Elle se compose de trois parties.
La première partie mentionne la visite du préfet Titus Petronius Secundus. La seconde ligne n'est pas fort distincte à la fin. Sait a lu CERMANIK.. XVII. et M.Girard CER- MANIC. XIII C. La première leçon est préférable, parce que la sigle C. pour Consule, précède toujours le chiffre. Le dixseptième consulat de Domitien répond à Tan 9S de notre ère ; la date précise (PRidie IDVS MARlfûf^) est du 14 mars. S'il s'agissait du treizième consulat, l'année serait la 87* de notre ère. Le préfet annonce qu'il a honoré Memnon avec des vers grecs, ci'dessous écrits.
Ce sont ces vers qui forment la seconde partie de l'inscription. M. Hamilton les avait séparés de ce qui précède, de manière à laisser croire qu'ils formaient une inscription distincte. Ils se lisent sans difficulté :
M£|tv<i)v), àxTÊidtv pa^^d|iLevoç xupCvaiç (1).
♦ôéy^ao est ioniquement pour IçOéyEw, tandis que Aaroi^a est un dorisme pour Aiqtoi^ou. Mepcov, vocatif, au lieu de Mlpov, ne peut surprendre (2) : on trouve w Mejjivcav dans Quintus de Smyrne (3). Les mots ffov yàp jAspo; se rapportent à ce que le colosse était brisé. Le verbe xaOYjxai exprime la position de la moitié restante. Pausanias dit de même : xxl vOv ÔTToaov i'A xeça^YÎç éç jyidov dûpia éoriv âirep^i[A[AévoVy to Se XoiTTov xaOïiTai (4). On aimerait peut-être mieux aol ou doiï (i-époç; mais <idv est justifiable (8). Aaxoi^a âxTteriv pa^X6(A£vo;
(1) Dans les Atkandlungen^ S. 127, M. Jacobs a lu ainsi le premier vers :
^^Oéf^ao (!.' ot* ot^; * a^v yàp (<ipo; uXcto * Ifoûc M(|iv(i>v
(2) Maiih. AusfûhrL Grammat., § 312.
(4) Pausan., I, 42, 2.
(5) Matth» Ausf, Gramm., § 466, 2.
est homérique : 7)eXio; çaéOwv ocjctitiv cêaXXe (1). La pensée revient à celle qu'ont exprimée Tacite et Pline. La traduction est : « Tu viens de te faire entendre (car ce n'est, ô Memnon, qu'une partie de toi-même qui est assise en ce lieu), frappé des rayons brûlants du fils de Latone. » La parenthèse est assez mal placée ; majs les vers n'en sont pas moins fort passables pour être l'ouvrage d'un préfet romain.
La troisième partie, curante Tito Attio Miisa^ prœfecto cohortis II Thebœorum, avait été omise par M. Girard et inexactement copiée par M. Hamilton.
Il parait que le préfet, n'ayant pas eu le temps d'attendre que l'inscription fût gravée devant lui, chargea un chef de cohorte de surveiller l'opération.
ANNO VII IMPCAESARIS NERVAETRAIANI AVG. GER. DACICI CVibiVSMAXIMVSPRAEAEC AVDIT MEMNONEM Xllll K M AR HORA ÏTS SEMEL ET. iÏÏSSFN
Copiée par Pococke et M. Girard (2). La copie de Sait n'ajoute rien à celle de ce dernier. La seule différence consiste dans la leçon M ART., au lieu de M Ail que donne M. Girard,
Cette inscription atteste que Caius Vibius Maximus, préfet d'Egypte, a entendu Memnon l'an VII de l'empereur César Nerva Trajan, Auguste Germanique, Dacique, le 14 des calendes de mars (16 février de l'an 104) deux fois, l'une à deux heures et demie, l'autre à trois heures et demie.
(1) Orfyw., E', 479.
(2) Descript. générale de Thèbes, p. 108, n® 9.
LA STATUE VOCALE DE MEMÎiON.
ANNO V HADRIANI IMPN'T-HATERIVS NE-POS PRAEF-AEC AVDIT MEMNONEM XIII MAR^T— HORA-IS
Jablonski a bien lu cette inscription d'après la copie de Pococke. Celle de Sait n'y ajoute rien, excepté la variante XIII. MARI. La leçon Pococke XII. K. MARI, est évidemment'la meilleure. Il résulte de cette inscription que Tan V d'Adrien {\tA?eraioris Hostri), le 12 des calendes de mars, à une heure et demie, Titus Haterius Nepos, préfet d'Egypte, a entendu la voix de Memnon.
La date répond au 19 février de l'an 121 de notre ère.
Cette inscription inédite facilite la restitution et fait connaître la date du n" XIII, qui a été publié par Pococke:
AOYKIOC (j)OYN€ICOYAANOC XAP6ICTOC CTPATHrOC€PM(0N è€ITOY AATOnOA€ITOC HKOY CA M6MNONOC AlCnPIN TtPO)- THC (ji)PAC KAI nPCOTH CYN TH TYNAIKI MOY <|)OYABIA eCOeÏÏ LZ AAPIANOY TOY
Aouîcioç $ouvei(rouXavoç Xapetdioç, (TrpaTTîyoç *Ep|JLWv 6eiTou, AaToiro^eiTYiç, -^xou aost MéjJLvovoç ^Iç, Trplv Trpw- TJfjç ûpaç, xat icpwTYi, crùv
6w6 H, LZ 'A^ptavou tou [xupiou].
i< Moi, Lucius Funisulanus Gharisias, stratège du nome Hermonthite, et natif de Latopolis, j'ai entendu Memnon deux fois avant la première heure et à la première, avec ma femme Fuivia, le 8 de thoth de Tan VITI d'Adrien le Seigneur. «
LA STATUE VOCALE DE MEMiNON. H9
La date est du 6 septembre de Tan 122 de J.-C.
Une inscription de Philes (1), et une autre du colosse (n* xxxiii), montrent que les deux nomes d'Hermonthis et de Latopolis étaient réunis sous le même stratège. Il serait donc tout simple d'admettre que Lucius Funisulanus Gharisius était stratège d'Hermonthis et de Latopolis. Cependant la leçon AATOnOA€ITOC, qui peut être une faute pour AaTOTuoXetTVî;, et surtout l'absence de la copule )txl, qui serait indispensable, me font croire que la leçon AaroTroXeiTT); est la meilleure, et que Gharisius a voulu dire qu'il était stratège d'Hermonthis et natif de Latopolis.
Quoi qu'il en soit, cette inscription et les deux que je viens de citer confirment l'observation, faite ailleurs (2), que les stratèges étaient des Grecs et non des Romains. Le nom de celui-ci est Charisius; car je n'hésite pas à lire XAP6ICIOC pour XAP€lCTOC. Les noms romains qui précèdent n'annoncent que l'affiliation à une famille romaine. Gharisius avait épousé une Romaine du nom de Fulvia.
La voix s'était fait entendre à lui un peu avant la première heure, et pendant cette première heure. Mais il n'est pas sûr que ce soit dans le même jour. La date peut n'indiquer que le jour où Gharisius a écrit l'inscription, après avoir été favorisé deux fois par Memnon. Ge qui porte à le croire, c'est l'inscription suivante, où il n'est question que d'une seule fois.
Celle-ci doit avoir été gravée au-dessous de la précédente. Ce{>endant il se peut que le défaut de place ait obligé Gharisius de l'écrire ailleurs ; dans tous les cas, on ne saurait douter qli'elle ne soit aussi de Funisulanus Gharisius, auteur dun'Xn.
(1) Voyez mes Recherches, etc., p. 269.
(2) Voyez mes Recherches, etc., pag. 272, 273.
La copie de Pococke n'est pas trop inexacte ; en certains points, même, elle l'emporte sur celle de Sait. Toutefois M. Jacobs n'en a lu que quelques mots (1).
Je mets on regard les deux copies, pour qu'on voie mieux le parti que j'ai tiré de l'une et de l'autre.