Biographie
Bossuet n'appartenait pas, comme son illustre rival Fénelon, à l'aristocratie nobiliaire; il était né dans les rangs de la bourgeoisie, maif sa naissance ne lui fut pas un obstacle. Au contraire; il y avait alors une aristocratie bourgeoise qui, riche, bien apparentée et pieins d'une ambition savante et intelligente, se partageait un grand nombre d'emplois importants et solides, ne laissant guère à la noblesse proprement dite que les places de guerre et de cour. Telle était la Camille de Bossuet, et c'est pour cela qu'il fut tonsuré à huit ans, chanoine à treize ans, et archidiacre à vingt-quatre. Il naquit à Dijon, le 27 septembre 1627, de Bénigne Bossuet, seigneur d'Âssu, et dé. Madeleine Mouchette, et reçut au baptên^ les noms de Jacques*Béni-. gne. Son père était avocat, et conseil des États de Bourgogne. 11 n'avait pu être membre du parlement, parce qu'il avait six de ses plus proches parents dans les charges. Lorsque le parlement de Metz fut créé, il y suivit son oncle maternel Antoine de Bretagne, nommé premier président, et y fut lui-même conseiller. C'était en 1633, et Jaeqnes-Bénigne, son cinquième fils, n'avait que six ans^ Il le laissa à Bijon, ainsi que ses frères et toute la famille, et partit seul pour sa nouvelle résidence. Metz était alors, pour un habitant de Dijon, une ville presque lointaine, et cette séparation était un dur sacrifice. Le père ne pouvait venir visiter sa famille qu'une fois chaque année, aux vacances du parlement.
Disons sur-le-champ que le frère aîné de Bossuet, Antoine, devint pins tard maître des requêtes. et intendant de Soissons. Le reste de ses frères et sœurs ou moururent jeunes, ou ne laissèrent pas de traces dans sa vie. Les enfants furent confiés à leur oncle, Claude Bossuet, conseiller au parlement, qui s'occupa tout spécialement de Jacques- Bénigne dont il était le parrain. Il le mit aux Jésuites, où il fit sa rhétorique avec un succès éclatant.- On assure, ce qui n'a rien que de vraisemblable, que les jésuites voulurent le retenir dans leur société; mais sa £umlle avait d'autres vues, et Bossuet vint à Paris en 1642 pour y étudier la philosophie et la théologie. Il entra dans la capitale le jour même où l'on y ramenait Richelieu mourant, à la suite de ce terrible
1. Bossuet était le septième des dix enfants et le cinquième de six garçons. BostuKT. — I a