LIVRE I. S
£t dans son cours brillant bornent Toblique voie Où du dieu des saisons la marche se déploie.
Le globe vers le Nord 5°, hérissé de frimas , S'élève, et redescend vers les brûlants climats. Notre pôle des deux voit la clarté sublime : Du Tartare profond l'autre touche Tabîme. Calisto^', dont le char craint le flots de Téthys, Vers les glaces du Nord brille auprès de son fils ; Le Dragon les embrasse ainsi qu'un fleuve immense. Le pôle du Midi ^% noir séjour du silence, N'offre aux tristes humains qu'une étemelle nuit : Peut-être en aMis quittant Phébus chez eux s'enfuit; Kt lorsque ses coursiers nous soufflent la lumière , . Pour eux robscure nuit commence sa carrière.
Le globe ainsi connu t'annonce les saisons ; Quand il faut ou semer, ou couper les moissons , Abattre le sapin destiné pour Neptune, Aux infidèles mers confier sa fortune :
Has inter mediamque do» mortalibus aegrts Mnnere concess» diTum, via secta per ambas, Obliquiis qua se signorum verteret ordo.
240 Hundiu, lit ad Scythiam Rhipxasque arduus arces Consurgit, premitur Libyae devexus in austros. Hic Tertex nobis semper sublimis ; at illum Sub pedibus Styx atra videt Manesque profundi. Maximus hic flexu sinuoso elabitur Anguis Circum , perque duas in morem fiiiminis Arctos Arctos Oceani metuentes aeqiiorc tingi.
niic , nt perhibent, aut intempesta silet nox Semper, et obtenta densantur nocte tenebrae; Aat redit a nobis Aurora diemque reducit ;
250 Nosqne ubi primus equis Oriens afflavit aniielis, lUic sera ruben^accendit lamina Vesper.
Uinc tempestates dubio prsdiscere cœlo Possumns, hinc messisque diem tempusque serendi ; Et qaando infidum remis impellere marmor Conveniat; qnando armatas deducere classes, Aut tempesUvam silvis evertere pinum.
Et ce n*est pas en vain que ces astres brillants £n quatre temps égaux nous partagent les ans.
Plusieurs font à loisir, retenus par Torage, Ce qu'il faudrait hâter sous un ciel sans nuage : Ils aiguisent leur soc, ils comptent leurs boisseaux; Creusent une nacelle ^^, ou marquent leurs troupeaux ; Préparent des liens à leurs vignes naissantes ; Taillent des pieux aigus , des fourches menaçantes : La meule met en poudre ^4 ou le feu cuit leurs grains; £t le jonc en panier s'arrondit sous leurs mains.
Les fêtes même il est un travail légitime. Ne peut-on pas alors sans scrupule et sans «rime Tendre un piège aux oiseaux, embraser des buissons» D'un mur tissu d'épine entourer ses moissons , Ou rafraîchir ses prés que la chaleur altère. Ou baigner ses brebis ^^ dans une eau salutaire ? C'est dans ces mêmes jours que, libre de travaux^ Chacun porte aux cités les présents des hameaux ; Et, rapportant chez soi les tributs de la ville ^^, Presse les pas tardifs de son âne indocile. La lune apprend aussi, dans son cours inégal» Quel jour à tes travaux est propice ou fatal.
Nec frustra signorum obitus specnlamur et ortos^
Tempôribasque parem diversis qnatnor annuin. Frigidus agricolam si quando continet imber, 'i80 Multa, forent quae mox cœlo properanda sereno,
Maturare dattir. Durum procudit arator
Vomeris obtusi dentem ; cavat arbore lintres ;
Aut pecori signum , aut numéros impressit acervia.
Exacuunt alii vallos furcasque bicornes,
Âtque Amerina parant lentae retinacuka viti.
Nunc facilis rubea texatur fiscina \irga ;
Nunc torrcte igni fruges, nunc frangite saxo^
Quippe etiam festis qusedam exercere diebu»
Fas et jura sinunt : ri vos deducere noUa 270 Relligio vetuit , segeti prstendere sepem ,
Insidias avibus moliri , incendere Tepres ,
Balantunique gregem Huvio mersare salubri.