LIVRE I
I^e cinquièiiie 6$t funeste ; en ce jour de colère
Naquirent Érinnys, Tisiphone, Mégère,
Et Yous^ fameux Titans, géants audacieux,
Que la Terre enfanta pour attaquer les cieux.
Trois fois, roulant des monts ^7 arrachés des campagnes ,
Leur audace entassa montagnes sur montagnes ,
Ossa sur Pélion, Olympe sur Ossa ;
Trois fois , le foudre en main, le dieu les renversa.
Au dixième croissant de la lune nouvelle. On peut du fier taureau dompter le front reBelle , Planter la jeune vigne , ou d'une agile main Promener la navette errante sur le lin. Une clarté plus pure embellit le neuvième : Le brigand le redoute, et le voyageur Taime. Chacun a son emploi ; mais dans ce choix du temps. Ainsi que d'heureux jours , il est d'heureux instants. Faut-il couper le chaume, on le coupe sans peine, Quand la nuit Ta mouillé de son humide haleine : Pour dépouiller les prés attends que sur les fleurs L'Aurore en souriant ait répandu ses pleurs.
Sappe oleo tardi costas agltator aselli
Tilibus aut oncFat pomis , lapidemque reverten»
Incusum, aut atrae massam picis, urbe reportât. Ipsa di€8 alios alio dédit ordine luna
Feliœs operum. Quintam fuge; pallidus Orcus,
Eiunenidesque satae ; tum partu Terra nefando
Cœnmque lapetumque créât, ssBVUinque Typhcea, 280 Et conjuratos cœlam rescindere fratres.
Ter sunt conati imponere Pelio Ossam
Sdlicet, atque Ossoe frondosum involvere Olympnm
Ter Pater exstructos disjecit fulmine muntes. Septima post decimam felix , et ponere vitem,
Et prensos domitare boves, et licia tels
Addere : nona fugae melior , contraria furtis.
Multa adeo gelida melius se nocte dedere ,
Aut qnum sole novo terras irrorat Eous.
Noctc levés melius stipuls, nocte arida prata 990 Toodentar ; Doctes Leotus non detioit humor.
56 LES GÉORGIQUeS;
Plusieurs pendant Thiver, près d'un foyer antique, Veillent à la lueur d'une lampe rustique : Leur compagne près d'eux, partageant leurs travaux, Tantôt d'un doigt léger fait rouler ses fuseaux ; Tantôt cuit dans l'airain le doux jus de la treille. Et charme par ses chants la longueur de la veille. Mais c'est en plein soleil , dans l'ardente saison , Qu'au tranchant de la faux on livre la moisson, Que sur l'épi doré le fléau se déploie. Donne aux soiiis les beaux jours, et l'hiver à la joie. L'hiver, tel qu'un nocher qui, plein d'un doux transport, -^ Couronne ses vaisseaux triomphants dans le port.
Tranquille sous le chaume, à l'abri des tempêtes. L'heureux cultivateur donne ou reçoit des fêtes : Pour lui ces tristes jours rappellent la gaîté; 11 s'applaudit l'hiver des travaux de l'été. Alors même sa main n'est pas toujours oisive; De l'arbre de Pallas il recueille l'olive; Le myrte de Vénus lui cède un fruit sanglant , Et le laurier sa graine, et les chênes leur gland. Les flots sont-ils glacés, les champs couverts de neige, Il tend des rets au cerf, prend l'oiseau dans un piège»
Et quidam seros bibemi ad luminis ignés Pervigiiat , ferroque faces inspicat acuto. Interea , longum cantu solata laborem .
Arguto coDjiu percurrit pectine telas, Aat dulcis musti Vulcano decoquit bumoi^em, Et foliis undam trepidi despumat abeni.
A t rabicunda Ceres medio succiditur aesto , Et medio testas aestu terit area f rages. Nudus ara , sere nudiis : hiems ignava colono. 300 Frigoribus parto agricolae piermnque frountur , Mutuaque inter se teti convivia curant Invitât genialis hiems, corasque resolvit . Ceu pressx quum jam portum tetigere carinae , Puppibus et laeti nauts imposnerc ooronas.
Sed tamen et quernas glandes tam stringere tcmpus,' Et lauri baccas, (deamque, cruentaqne myrta;