LIVRE II
Toi surtout, toi, César 4r, qui sur des bords lointains Soumets Tlnde tremblante à Taigîe des Romains.
Terre féconde en fruits 4% en conquérants fertile, Salut ! je cbante un art à ta grandeur utile; Du Permesse pour toi les canaux sont rouverts : Hésiode aux Romains va parler dans mes vers.
Maintenant des terrains distinguons la nature, Leur force et leur couleur, leurs fruits et leur culture. l>'abord le sol pierreux de ces arides monts , D*argile entremêlés, hérissés de buissons. De Farbre de Pallas aime l'utile ombrage : En veux-tu des garants ? vois Tolivier sauvage Sur ces coteaux chéris croître de toutes parts, £t sur la terre au loin semer ses fruits épars.
Mais ces terrains féconds que la nature engraisse, Qui regorgent de sucs, où croît une herbe épaisse , Tels qu'au pied de ces rocs s'étend ce beau vallon , Où l'eau des monts voisins porte un riche limon, Si des feux du midi le soleil les éclaire , S'ils présentent au soc l'importune fougère,
Assuetumque malo Ligurcm, Votsco8i[ue verutos, Extiilit ; bxc Decioe, Marios, magnosque Camillus , 170 Scipiadas duros bello; e( te , maxime Cœsar. Qui nanc extremis Asi» jam victor in oris Imbeliem avertis Romanis arcibus Indum.
Salve , magna parens fragam , Saturnia tellus , Magna yiram ! tibi res antiquae laudiâ et ariis ' Ingredior, sanctos ausus reciuderc fontes, Ascrxamciue cano Bomana per oppida carmen.
Nonc iocos arvorom ingeniis : qus robora cuique , Quis coior , et qu^e sit rébus natura ferendis. Difficiles primum terrae, coUesque maligni, ISO Tenuis ubi argilla, et dumosis calculus arvis, Palladia gaudent silva vivacis olivs .
Indicio est tractu surgens oleaster eodem Plurimus , et strati baccis silvestribos agri.
At quae pinguis huinu^, dulcique uliginc I^ta , Quique f requens herbis et fertilis ubcrc campus ,
89 LES 6É0RG1QUCS.
Ils te prodigueront des vins délicieux, Ces vins brillant dans For, et versés pour les dieux. Lorsque, auprès des taureaux immolés à leur gloire , Le Toscan 43 sous ses doigts fait résonner l'ivoire. Voudrais-tu faire envie aux bergers tes rivaux ? Les forêts de Tarente appellent tes troupeaux : Va dans ces prés ravis à ma chère Mantoue 44, Où le cygne argenté sur les ondes se joue ; Là tout rit aux pasteurs, la beauté du vallon, La fraîcheur des ruisseaux, ^épaisseur du gazon ; Et tout ce qu'un long jour consume de pâture La plus courte des nuits le rend avec usure. Enfin pour le froment choisis ces terrains forts. Pleins de sucs au dedans, noirâtres au dehors^ Dont la terre est broyée, et pour qui la nature Semble avoir épargné les frais de la culture. Aucun champ ne verra tant de bœufs attelés Tapporter à pas lents le tribut de ses blés.
Qnalem saepe cava montis conyalle solemus Dispicere; hoc sammis liquuntor rnpibus amnes, Feticemqoe trahont limuni; qnique éditas Austro, Et filicem curvis invisam pascit aratris x
190 Hic tibi prsvalidas olim multoqiie flaentes Sufficiet BacchoTÎtes; bic fertilis uve.
Hic laticis > qualem pateris iibamus et anro , InOavit quoin pinguis ebur Tyrrhenas ad aras, Lancibus et pandis famantia reddimus exta.
Sin armenta magis studium vitulosqae tneri , Aut fétus oyium, aut urentcs culta capellas; Saltos et saturi petito longinqua Tarenti, ¥t qualem infelix amisit Mantua campum , Pascentem niveos berboso flumine cyciios.
aOO Non liquidi gregibus fontes, non gramina desunt; £t^ quantum longis carpent armenta diebus, Exigua tantum gelidus ros nocte reponet
Nigra fere, et presso pinguis snb vomere terra . Et oui putre solum , namque boc imitamur arando , Optima frumentis : non ullo ex aequore cernes Pluradomum tardis decedere plaustra juvencis.