LIVRE ÎI
Kt son suc du vieillard qui respire avec peine Raffermit les poumons et parfume Thaleine.
Mais l'Inde et ses forêts^ , et leur riche trésor, Et le Gange, et FHermus , qui roule un limon d^or. Et les riches parfums que T Arabie exhale , A l'antique Ausonie ont-ils rien qui s'égale? Colehos 34, pour labourer tes vallons fabuleux , Mets au joug des taureaux étincelants de feux ; Que des dents d'un dragon les fatales semences Hérissent tes guérets d'une moisson de lances. Le blé pare nos champs, le raisin nos coteaux; J'y vois mûrir l'oHve , et bondir nos troupeaux. Ici Tardent coursier s'échappe au loin sur Therbe : Là paissent la génisse et le taureau superbe , Qui, baignés d'une eau pure, et couronnés de fleurs , Conduisent aux autels nos fiers triomphateurs. [nés ;
Deux fois nos fruits sont mûrs 3^, deux fois nos brebis piei- Même au sein des hivers, l'été luit dans nos plaines : Mais ce sol ne nourrit ^^ ni le tigre inhumain, I^i le poison qui trompe une imprudente main. ,
Flos ad prima tenai : animas et oientia Medi
Ora fovent illo , et senibus medicantur anhelis. Sed neqœ Hedorum silvae , ditissima terra,
Nec pulcher Ganges , atque aaro turbidus Hermus»
Laudibns luli» certeiit : non Bactra, neqae Indl,
Totaqae thuriferis Panchaia pinguis arenis. 140 Ilirc loca non taon spirantes naribus ignem
Invertere , satis immanû dentibus hydrî ;
Nec galeis densUque viram sages borruit hastis r
Sed gravidae frages , et Bacchi M assicus hamor
Implerere; tenent oleapque armentaque Iseta.
Hiiic bellator equos campo sese arduus infert;
Ilioc aU>i , CUtamne , grèges, et maxima taurus
Victima , saepe tao perfasi flumine sacro,
Uonianos ad templa demn duxere triamphos.
Hic ver assiduum, atque alienis mensibus sstas; 130 Bis gravid» pecudes, bis pomis utilis arbor.
At rabidae tigres absout, et ssva leooûm
78 LKS GÉORGIQUES.
Tiu\ lion ii*y rugit ^7 ; et jamais sur Farène
Une hydre épouvantable à longs plis ne s'y traîne.
Partout sont de beaux champs qu'éclairent de beaux cieux,
Où la nature est riche et Tart industrieux.
Vois ces forts supendus ^^ sur ces rochers sauvages ,
Ces fleuves dont nos murs couronnent les rivage^ :
La mer ^9 de deux côtés nous présente son sein;
Vingt lacs autour de nous ont creusé leur bassin.
Ici le Lare *• étend son enceinte profonde ;
Là, tel qu'un océan, le Bénac s'enfle et gronde.
Peindrai-je ces beaux ports, ce hardi monument
Qui maîtrise l'orgueil d'un fougueux élément ,
Et dans les lacs voisins , lui laissant un passage,
Présente à nos vaisseaux une mer sans orage ?
Fouille ces champs féconds : le fer, l'argent, l'airain.
L'or même, en longs ruisseaux circulent dans leur sein.
Ces champs ont vu fleurir cent peuples redoutables,
Les Sabins belliqueux, les Marses indomptables,
£t ces Liguriens qu'indigne le repos.
Et ces Volsques, armés d'énormes javelots.
Ces champs ont enfanté les Décès, les Émilcs,
Les braves Scipions, les généreux Camilles;
Semina; nec miseras fallunt aconita legeutes; Nec rapit iramensos orbes per homum, neque tanto Squameus in spiram tractu se coltigit anguis. Adde tôt cgregias urbes , operumque laboretn , Tôt congesta manu praeraptis oppida saxis , Ftuniinaque antiquos sobterlabentia muros. An mare quod supra memorem, qnodque alluit inh'a ? Anne lacus tantos ? te, Lari maxime , teque , i<>0 Fiuclibus et fremitu assurgons, Benace, marino? An memorem portns , Lucrinoque addila clausira ; Atque indignatum magnis stridoribus squor, Jnlia qua ponto longe sonat unda refuso , Tyrrhenusque fretis immittitur aestus A vernis? Ilacc eadem argeiiU rivos acrisque metalla Ostendit venis, atque aura plurima fluxit. Hsec genus acre viriim, Blarsos, pubcmquc Sabcllani,