LIVRE IL d
EnCn dans les vallons, comme sur les eoteaux ,
Qu'ils soient distribués 49 en espaces égaux.
Vois de longs bataillons rangés sur une plaine
Où flotte de l'airain la lueur incertaine ,
Avant qu'on choc affireux confonde tous ces bras,
Quand Mars prélude encore à l'horreur des combats.
Imite de ces rangs l'exacte symétrie,
Non pour flatter les yeux par ta vaine Industrie ;
Mais chaque tige ainsi peut croître en liberté ,
Et le suc se partage avec égalité.
Apprends aussi combien tu dois creuser la terre , Qui de tes jeunes plants sera dépositaire. Comme tes nourrissons diffèrent en grandeur, 11 faut que leur berceau diffère en profondeur. Dans un léger sillon la vigne croit sans peine. L'arbre doit plus avant s'enfoncer dans la plaine. Surtout le chêne altier, qui , perdu dans les airs , De son front touche aux cieux^<>, de ses pieds aux enfers. Aussi les noirs torrents • les vents et la tempête , £q vain rongent ses pieds, en vain battent sa tête :
Induise ordinibas; nec aecius omnis in ungaena
Arboribus positis secto via limite quadret
Ut saepe , ingenti bello quum looga cohortes 280 Explicuit legio , et campe stetit agmen aperto ,
Directsqae ades, ac late fluctuât omnis
JBre renidenti tellus, nec dum horrida miscent
Pnelia, sed dubius mediis Mars errât in armis :
Omnia sint paribus numeris dimensa yiamm ;
Non animum modo uti pascat prospectus inanem,
Sed quia non aliter yires dabit omnibus xqnas
Terra , neque in vacuum poterunt se extendere rami. Fortisan et scrobibus qus sint fastigia qusras.
Auàm vel tenui yitem committere sulco.
290 Aitior ac penitus terras dcfigitar arbos,
.£8Ciiliis in primis . qn» , quantum vertice ad auras
iEtherias, tantum radice in Tartara tendit.
Ergo non hiemes illam , non flabra « neque imbrcs,
Conyeliunt t immota manet, multosque nepotcs
Uulta yimm yolvens durando sscula , y incit .
m L£S GÉORGIQUES.
Malgré les vents fougueux , malgré les noirs torrents , Tranquille, il voit passer les hommes et les temps ; Et loin de tous côtés tendant ses rameaux sombres , Seul il jette alentour une immensité d^ombres.
r^'attends rien d'une vigne ^' exposée au couchant ; Que le vil coudrier ^* n'affame point ton plant : Fais choix, pour le former^^, de la branche nouvelle Qui reçoit de plus près la sève maternelle ; Ne la déchire point par un fer émoussé ; Surtout ^4 que de tes plants Tolivier soit chassé : Quelquefois de bergers une troupe imprudente Laisse au pied de cet arbre une étincelle ardente. Le feu, nourri du suc dont ce bois est enduit , Sous récorce onctueuse en secret s'introduit ; Il s'empare du tronc, et, gagnant le feuillage, Dévore en pétillant l'aliment de sa rage ; 11 court de branche en branche, il s'élanee au sommet Il vole d'arbre en arbre , il couvre la forêt, Et, présentant au loin une plaine enflammée , Roule un torrent de flamme et des flots de fumée ; Surtout si l'aquilon s'élève en ce moment, Et chasse devant lui ce vaste ^embrasement.
Tiim, fortes late ramos et brachia tendens,
Hue iUuc, média ipsa ingentem sustinet umbram.
Neve Ubi ad solem vergant vineta cadentern ; Nere inter Tites corylum sere : neve flagella
300 Sumtna pete, aot summas destringet ex arbore plantas Tantus amor terrs ! neu ferro Isde retuso Semina ; neve oies silvestres insère truncus : Nam sspe incautis pastoribos excidit ignis, Qui , f urtim pingui primum sub cortice tectus , Robora comprendit, frondesque elapsus in allas Ingentem qœIo aonitum dédit : inde sccutus Per ramos victor , perque alta cacumina régnât. Et totum involvit flammis ncmus, et mit atram Ad cœlum picea crassus caligine nubem ;
510 Praesertim si tempestasti vertice sîlvis
Incubuit , glomeratque ferons incendia vcutus.