LIVRE II
Dès lors plus d*espérance : atteints dans leurs racines , ]V*attends pas que tes ceps réparent leurs ruines ; La race en est éteinte , et jamais ne revit : L*auteur seul de sa mort, Tolivier, lui survit.
Tu n'iras pas non plus, quand le froid la resserre , ConOer vainement tes vignes à la terre : Alors son suc oisif, glacé dans ses canaux , Refuse de nourrir les jeunes arbrisseaux. Avec plus de succès les vignes sont plantées , Soit lorsque, déployant ses ailes argentées, L*ennemi des serpents ^^ vient, après les frimas , Retrouver les beaux jours dans nos riants climats ; Soit lorsque le soleil, sur son char plus rapide, De l'été vers Tbiver conduit l'automne humide.
Mais le printemps surtout seconde tes travaux ; Le printemps rend aux bois des ornements nouveaux : Alors la terre, ouvrant ses entrailles profondes , Demande de ses fruits les semences fécondes. Le dieu de l'air ^ descend dans son sein amoureux, Lui verse ses trésors, lui darde tous ses feux , Remplit ce vaste corps de son âme puissante ; Le monde se ranime, et la nature enfante.
Hoc obi , non a stirpe valent , ciesœqae reverU Possnnt, aUfae inia similes reriresoere terra i Infelix superat foliis oleaster amaris.
Nec Ubi tam pnidens quisquam pennadeat auctor TeHnrem Borea rigidam spiraQte movere.
Rnra gela tnm claudit hiems , nec semine jacto Goncretam patitnr radioem affigere terne. * Optima Tinetifl satio, quom vere rabenU 520 Candida venit avis longis Invisa colobris ;
Prima yel anctomni sob frigora , qnam rapidns Sol Nondum hiemen contingit equis, jam prétérit sstas.
Ver adeo frondi nemonim, ver utile ail vis : Vere tument terras, et genitalia semina posennt. Tum pater omnipotens fecundls imbribas iGther Conjugis in grcmium Ist» descendit, et omncs Uagniis alit , magno commixtus corpore , fétus.
U LES GËORGIQUES.
Dans les champs, dans les bois, tout sent les feux d'amour;
L'oiseau reprend sa voix ; les Zéphyrs de retour
Attiédissent les airs de leurs molles haleines;
Un suc heureux nourrit Therbe tendre des plaines ;
Aux rayons doux encor du soleil printanier
Le gazon sans péril ose se conGer ;
Et la vigne, des vents bravant déjà l'outrage.
Laisse échapper ses fleurs et sortir son feuillage.
Sans doute le printemps vit naître l'univers ; Il vit le jeune oiseau s'essayer dans les airs; Il ouvrit au soleil sa brillante carrière, Et pour l'homme naissant épura la lumière. Les aquilons glacés et l'œil ardent du jour Respectaient la beauté de son nouveau séjour. Le seul printemps sourit au monde en son aurore : Le printemps tous les ans le rajeunit encore; Et des brûlants étés séparant les hivers. Laisse du moins entre eux respirer l'univers. *
Tes ceps 8ont>ils plantés, il faut couvrir de terre, Engraisser de fumier le lit qui les resserre :
Avia tmn résonant avibiu virgulta canoris. Et Venerem certis repetunt armenta diebos. 530 Partnrit aimas ager : Zephyrique tepentibos auris Laxant arra sinus; superat tener omnibus bumor : Inque novos soles audent se gramina tuto Credere ; nec metuit surgentes pampinos Anstrus , Aut actam cœlo magrtis aquilonibus imbrem , Sed trudit gemmas, et frondes explicat omnes.
Non aiios prima crescentis origine mundi lUuxisse dics, alîumve habuisse tenorem Crediderim. Ver illud erat, ver magnus agebat Orbis, et hibemis parcebant flatibus Euri : 310 Quum primœ lucem pecudes hausere, virumque Ferrea progenies duris caput extulit arvis,
Immisssque ferae silvis, et sidéra cœlo.
Nec res hune tener® possent perferre laborem ,
Si non tanta quies iret frigusque caloremque
Inter, et exciperet cœli induigentia terras.