‹ Œuvres choisies de DelilleChapitre 38 sur 73 · LIVRE Ilf · texte numérisé non relu

LIVRE Ilf

Dans le choix des coursiers ne sois pas moins sévère. Du troupeau dès l'enfance il faut soigner le père : Des gris et des bais-bruns >4 on estime le cœur ; Le blanc, l'alezan clair, languissent sans vigueur. L'étalon généreux >^ a le port plein d'audace , Sur ses jarrets pliants se balance avec grâce ; Aucun bruit ne l'émeut ; le premier du troupeau 11 fend l'onde écumaute, affronte un pont nouveau : Il a le ventre court <^, l'encolure hardie, Une tête effilée , une croupe arrondie ; On voit sur son poitrail ses muscles se gonfler» Et ses*nerfis tressaillhr, et ses veines s'enfler : Que du clairon bruyant <? le son guerrier réveille , Je le vois s'agiter '^ , trembler, dresser l'oreille ; Son épine se double >9 et frémit sur son dos ; D*une épaisse crinière il fait bondir les flots ; De ses naseaux brûlants il respire la guerre ; Ses yeux roulent du feu , son pied creuse la terre.

Tel , dompté par les mains du frère de Castor '" i Ce Cyllare fameux s'assujettit au mor :

Semper enmt qnanim mntari corpora malis. 70 Semper enim refice ; ac , ne post aniissa requiras ,

Ante^eni, et sobolem armento sortire quotannis. Nec non et pecori est idem delectus equino.

Tu modo , quos in spem statues submittere gentis , rsecipuum jam inde a teneris impende laborem.

Continuo pecoris generosi pullus in arvis

AlUas ingreditnr, et mollia crura reponit

Primni et ire viam , et fluvios tentare minaces ,

Audet , et ignoto sese committere pontt :

Nec yanos horret strepilua. Illi ardua cervix , 80 Argntomqae capnt, breris alTus, obesaque terga,

Luznriatqne toris animosum pectus. Honesti

Spadices, glaucique; color deterrimus albis,

Et gilvo. Tnm\ si qua souum procul arma dedere,

stare looo nescit , micat auribus, et tremit artus ,

Collectumqne premens volvit sub naribus igncio.

Deusa juba, etdextro jactata recunibit in anno;

Tels les chevaux d* Achille et du dieu de la Thrace SoufQaient le feu du ciel , d'où descendait leur race : Tel Saturne" , surpris dans un tendre larcin , £n superbe coursier se transforma soudain , Et , secouant dans Tair sa crinière flottante , De ses hennissements ef&ava son amante.

Quel que soit le coursier qu*ait adopté ton choix , Quand des ans ou des maux il sentira le poids , Des travaux de l'amour dispense sa faiblesse : Vénus ainsi que Mars demande la jeunesse. Pour son corps , dévoré d'un impuissant désir, L'hymen est un tourment , et non pas un plaisir ; Vieil athlète, son feu dès l'abord se consume : Tel le chaume s'éteint au moment qu'il s'allume. Connais donc et son âge , et sa race , et son cœur, £t surtout dans la lice ^* observe son ardeur.

Le signal est donné : déjà de la barrière Cent chars précipités fondent dans la carrière ; Tout s'éloigne, tout fuit : les jeunes combattants, Tressaillant d'espérance et d'e£Droi palpitants ,

At duplex agitur per lamboe spina; cavatque Tellurem , et solido graviter sonat rniguta corau.

Talis Amyclxi domitiu PoUuds habenis 90 Cyllaros, et, quorum Graii meminere poetx, Martisequi bijuges, et magni currus Achillis. Talis et ipse jubam cervice effndit equina Conjugis adventu pemixSaturnns, et altum Pelion hinnitu fugiens implevit acuto.

Hune quoque , ubi aut morbo gravis , aut jam segnior atuiis , Déficit , abde domo , nec tnrpi ignosce senectx. Frigidus in Venerem senior, frustraque laborem Ingratum trahit ; et , si quando ad prxHa ventum est , Ut quondam in stipulis magnus sine viribus ignis y 100 Incassum furit. Ergo aniraos aevumque notabis Prxcipne; hinc alias artes , prolemque parentum , Et quis cuique dolor victo, qux gloria palmx.

Nonne vides, quum prxcipiti certamine cauipum Corripuere , niuiit(iuc etfusi carcere cumis.

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