LIVRE IfJ
A leurs bouillants transports abandonnent leur âme ; Ils pressent leurs coursiers; Fessieu siffle et s'enflamme ; On les voit se baisser, se dresser tour à tour; Des tourbillons de sable ont obscurci le jour ; On se quitte, on s'atteint; on s'approche , on s'évite : Des chevaux haletants le crin poudreux s'agite ; Et, blanchissant d'écume et baigné de sueur, Le vaincu de son souffle humecte le vainqueur : Tant la gloire leur plaît , tant l'honneur les anime ! Érichthon le premier ^^ , par un effort sublime , Osa plier au joug quatre coursiers fougueux , Et porté sur un char s'élancer avec eux. Le Lapithe , monté sur ces monstres farouches , A recevoir le frein accoutuma leurs bouches , Leur apprit à bondir, à cadencer leurs pas , Et gouverna leur fougue au milieu des combats. Mais , soit qu'il traîne un char, soit qu'il porte son guide , J'exige qu'ttn coursier soit jeune, ardent , rapide. Fût-il sorti d'Épire, eût-il servi les dieux , Fût-il né du trident, il languit , s'il est vieux.
Qirain >peB arrects juvenum, exsultantiaque haurti
Corda payor pnlsans ? Uli instant verbere torto ,
Et proni dant lora ; volât vi fervidus axis :
Jamque biuniles , jamque elati sublime videntnr
Aéra per vacuum ferri, atque assurgere in auras. 110 Nec mora , nec requies; at fulvae nimbas arenx
ToUitnr ; humescunt spumis flatuque sequentum :
Tantns amor laudum, tantae est Victoria curs ! Primas Ericbtbonius currus et quatuor ausus
Jnngere eqaos« rapidusque rôtis insistere victor.
Frena Peletbronii Lapithae gyrosque dedere
Impositi dorso, atque equitem docuere sub armis
Insultare solo, et gressus glomerare superbos.
Mqmu uterqne labor : aeque juvenemque magisUi
Exquirunt, calidamque animis, et cursibusacrem 120 Quamvis saepe fnga versos ille egerit bostes ,
Et patriam Epirum référât , fortesquc Mycenas,
Neptunique ipsa deducat origine gen tero.
t06 Les GÉORGIQUES.
Enfin ton ehoix est fiiit , aucun soin ne f arrête : Que le chef du troupeau pour son hymen s^appréte. D*une prodigue main verse-lui sa boisson ; Qu*il s'engraisse du lait de la jeune moisson : Autrement il succombe, aux plaisirs inhabile, Et d*un père affaibli naît un enfant débile. Au contraire ^ , sitôt que les tendres désirs Sollicitent la mère aux aqaoureux plaisirs , Éloigne-la des eaux , retranche sa pâture ; Et quand Tété brûlant fatigue la nature , I^orsque l'aire gémit sous les fléaux pesants , Qu'une pénible course amaigrisse ses flancs : Des rouies de l'amour >^ Tembonpoinl inutile Aux germes créateurs ouvre un diamp moins fertile.
Dès que son sein grossit , tous nos soins lui sont dus , Et le soc et le char lui seront défendus. Je ne yeux plus la voir bondir dans les campagnes , Lutter contre un torrent , gravir sur les montagnes : Qu'elle paisse en des prés où les plus clairs ruisseaux Parmi des bords fleuris roulent à pleins canaux ,
His animadTersis, instant sob tempos, et omnes Impendunt caras denso distendere pingui, Qaem légère ducem, et pecori diiere maritum t Piibentesqae sécant herbas, flnviosque ministrant , Farraqoe , ne blando neqneat superesae labori , Invalidique patrom référant jejnnia nati. Ipsa autem macie tenuant annenta volentes; Atque , ubi coocubitos primos jam nota voluptas Sollicitât , frondesqae negant, et fontibus arcent; Sspe etiam cursu qaatiunt, et sole fatigant, Quum graviter tnnsis gémit area frugibus , et qnuin snrgentem ad Zepbyrum paleae jactantur inanes. Hoc faciont , niroio ne laxn obtusior usus Sit genitali arvo, et sulcos oblimet inertes ; Sed rapiat sltiens Yenerem , interiusqae recondat
Rursus cura patrum cadere et succedere matniin Incipit Exactis gravid» quum nicnsibus errant « UO Non illas gravibus quisquam joga ducere plauslris,