‹ Œuvres choisies de DelilleChapitre 46 sur 73 · LIVRE HT · texte numérisé non relu

LIVRE HT

Sème d'un sel piquant ^^ Therbage qu*on leur donne : Il répand dans leur lait un suc qui Tassaisonne ; Et , leur soif plus ardente épuisant les ruisseaux , En des sources de lait ils transforment ces eaux.

Plusieurs , pour conserver ce nectar salutaire , Défendent aux enfants l'approche de leur mère. Les laitages nouveaux du matin ou du jour, On les fait épaissir quand l'ombre est de retour ; Ceux du soir, dans des joncs tressés pour cet usage , La ville au point du jour les reçoit du village ; Ou , le sel les sauvant des atteintes de l'air, Dans un repas frugal on s'en nourrit Thiver.

Il faut savoir aussi dresser des chiens fidèles ^4 : D'un pain pétri de lait nourris ces sentinelles ; Tu braves avec eux et les loups affamés ^^ , Et le Toleur nocturne , et les brigands armés : Tantôt tu les verras , pleins d'adresse ou d'audace , Du lièvre ^^ fugitif interroger la trace , Lancer le faon timide , ou dans les bois fangeux Livrer au sanglier un assaut courageux ,

MuIU Jam ezcret06 prohibent a matribus banlos,

Primaque ferratis praefigunt ora capistris. 400 Quod surgente die mulsere liorisque diurnis,

Nocte premunt; qnod jam tenebris et soie cadente ,

Sub lucem exportam calalbis adit oppida pastor;

Aat parco sale contingant , hiemique reponunL Nec tibi cura canuoi fuerit postrema ; sed una

VeloceB Spart» catuios acremqoe Uolossum

Pasce sero pingoi : nanqnam ciutodibus illîs

Noctumuin stabulis furem , incursusiine laporom ,

Aat impacatos a tergo horrebis Hiberos.

Sspe etiam cursu timidos agitabis onagros , 410 Et canibus leporem , canibus venal)ere damas;

Siepe Tolutabris pulsos silvestrîbus apros

Latrata turbabis agens , montesque per altos

Ingentem clamore premes ad retia cervum. Disce et odoratam stabulis accendere cedrum ,

CaUMUieoque agitare graves nidore chelydros.

tu LES GÉORGIQUËS.

Ou , iiar leur course agile et leur voix menaçante , Presser des daims légers la troupe bondissante.

Surtout que le bercail soit purgé de serpents : Poursuis , la flamme en main ^7 , tous ces hôtes rampants. Quelquefois sous la crèche une affreuse vipère Loin du jour importun a choisi son repaire ; Et souvent la couleuvre y roulant ses anneaux, Domestique ennemie , infeste les troupeaux. Dès que tu la verras s'agiter sur la terre , Va , cours , soulève un tronc , saisis-toi d*une pierre ; Malgré ses sifflements , malgré son fier courroux « Frappe : déjà sa tête est cachée à tes coups , Tandis que de son corps , déchiré sur l'arène , Les cercles déroulés la suivent avec peine.

Plus terrible cent fois ce serpent écaillé Qui rampe fièrement sur son ventre émaillé , Qui , dressant dans les airs une crête superbe. Glisse assis sur sa croupe ^ et se roule sur Therbe : Quand le printemps humide et Tantan orageux Gonflent les noirs torrents , mouillent les champs fangeux , Il habite des lacs les retraites profondes , Engloutit les poissons et dépeuple les ondes :

Saepe 8ub immotis prssepibus aut mala tactu Tipera delituit, cœlamque exterrita fugit ; Aut tecto assuetos coluber succedere et umbra; , Pestis acerba boum, pecorique adspergere virus,

420 Fovit humum. Cape saxa manu , cape robora , pastor ; ToUentemque minas et sibila colla tumentcm Dejice : Jamque fuga timidum caput abdidit alte , Quum medii nexus extremaeque agmina caudae Solvuntur, tardosque trabit sinus ultimus orbes. Est etiam ille malus Calabris in salUbus anguis , Squamea convohens sublato pectore terga , Âtque notis longam maculosus grandibus alvum , Qui, dum amnes ulli rumpuntur fontibus, et dum Vere madent udo terrx ac pluvialibus austris ,

450 Stagna colit; ripisque habitans, bic piscibus atram

Page 1