LIVRE ill
L'été fend-il les champs, a-t-il tari les eaux , Furieux il bondit du fond de ses roseaux , Et , les yeux enflammés et la gueule béante , De sa queue à grand bruit bat la terre brdlante. Me préservent les dieux d'aller dans les forêts Goûter le doux sommeil ou respirer le frais , Lorsque, oubliant ses œufs ou sa jeune famille, Ce monstre , enorgueilli de l'éclat dont il brille , Sous sa nouvelle peau , jeune , agile et vermeil, Darde une triple langue et s'étale au soleil !
Je veux t'apprendre aussi les marques , l'origine Des maux qui d'un bercail entraînent la ruine. Si des buissons aigus , ou les âpres hivers , Ou les eaux de la pluie ont pénétré leurs chairs ; Si , lorsque le ciseau leur ravit leur dépouille , Le bain ne lave pas la sueur qui les mouille , Souvent un mal honteux mfecte les agneaux : Pour les en garantir plonge-les dans les eaux ; Que le hardi bélier s'abandonne à leur pente , Et sorte en secouant sa laine dégouttante ;
Improbns inglnviem-ranisque loquacibns explet. Postquam exhanta palus, terrsque ardore dehiscunt, Exsilit in sicciiin , et flammantia lumina torqucns Sxvit agris, asperqae siti atqae exterritus srstu. Ne mihi tum molles sub diyo carpere somnos , Neo dorso nemoris libeat Jacuisse per berbas , Quam, positis dovos exuviis nitidusque , juventa Tolvitur , aut catulos tectis aut ova relinquens, Arduus ad solem, et linguis micat ore trisulcis! 440 Morborum quoqoe te causas et signa docebo. Turpis OTes tentât scabies , ubi frigidus imber AHius ad vivum persedit , et horrida cano Bruma gela ; vel quum tonsis illotus adhaesit Sudor, et hirsuti secuerunt corpora vêpres. Dulcibus idcirco fluviis pecus omne magistri Perfundunt, udisque aries in gurgite villis Mersatur, missusque secundo définit anini ; Aut tonsum trisU contingunt corpus amurca ,
Ou bien enduis leur corps , privé de sa toison, De la graisse du soufre et des sucs de l*oignon ; Joins-y des verts sapins la résine visqueuse , L'écume de Fargent , une cire onctueuse , Et la fleur d' Anticyre , et le bitume noir, Et le marc de Folive enlevé du pressoir ; Ou plutôt , pour calmer la sourde violence D'un mal qui se nourrit et s'accroît en silence , Hâte-toi : que l'acier, sagement rigoureux. S'ouvre au sein de l'ulcère un chemin douloureux. C'en est fait des troupeaux si les bergers , tranquilles, "Ne combattent le mal que par des voeux stériles. Même quand la douleur, pénétrant jusqu'aux os, D'un sang séditieux £aiit bouillonner les flots , Sous le pied des brebis que la Gèvre ravage Qu'à ces flots jaillissants le fer ouvre un passs^ ; Art connu , dans le Nord^^ , de ces peuples guerriers Qui rougissent leur lait du sang de leurs coursiers.
Vois-tu quelque brebis chercher souvent l'omlnrage, Effleurer à regret la pointe de l'herbage ,
Et spumas miscent arsenti , vivaqne soirura ,
430 Id^asque pices, et pingues noguine ceras,
Scillainque, elleborosque graves, nigramque Mtnmeiu Moo tamen alla magis pnesens fortona labomm est, Quam si quis ferro potnit resdndere summum Vlceris 08. Alitur Titium, vmtqne tegendo, Dnm medicas adbibere manus ad nrinera pastor Abnegat, aut meliora deos sedet omina poscens. Quin etiam , ima dolor balantum lapsus ad oasa Qiium furit, atque artus depascitur arida febiis, Profiiit incensos sestus arertere, et inter
460 Ima ferire pedis sab'entem sanguine venam i Bisaltx quo more soient , acerqne Gelonus, Qnum fagit in Rbodopen, atque in déserta Getamm , Et lac concretum cum sanguine potat equino.
Quam procul aut molli succedere scpius umbr» Videris, aut summas carpentem ignayins taerbas , Extremamque sequi, aut medio procumbere campo