LIVRE IV. ikê
Frappés de ces grands traits, des sages ont pensé Qu'un céleste rayon dans leur sein fut versé. Dieu remplit, disent -ils, le ciel, la terre, et Tonde; Dieu circule partout, et son âme féconde A tous les animaux prête un souffle léger : Aucun ne doit périr, mais tous doivent changer, £t , retournant aux cieux en globe de lumière , Vont rejoindre leur être à la masse première.
Enfin 3» veux-tu ravir leur nectar écumant , Devant leur magasin porte un tison fumant , £t qu'une onde échauffée en roulant dans ta bouche Pleuve, pour l'écarter, sur l'insecte farouche. L'abeille est implacable en son inimitié. Attaque sans frayeur, se venge sans pitié. Sur l'ennemi blessé s'acharne avec furie , Et laisse dans la plaie ^^ et son dard et sa vie.
Deux fois d'un miel doré ses rayons sont remplis , Deux fois ces dons heureux tous les ans sont cueillis r Et lorsque^ abandonnant l'humide sein de Tonde, Taygète^^ monte aux cieux pour éclairer le monde.
Objectant, pulchramque pétant per vulnera mortêm.
His qnidam signis , atque hxc exempla secati , 220 Esse apibos partem divinae menlis et haustus iBtherios dixere : deum namqne ire per omnes Terrasque , tractusque maris, cœlumque profuDdora ; Hinc pecudes^ armenta, viros, genus omne ferarum, Quemque sibi tenues nascentem arcessere vitas. Scilicet hue reddi deinde ac resoluta referri Omnia ; née morti esse locum , sed viva volare Sideris in nnmerum, atque alto succedere cœlo.
Si qnando sedem angustam servataque meUa Tbesanris relines , prius haustus sparsus aquarum 2S0 Ore foTe, fumosque manu praetende sequaces. lUisira modiun supra est, laesaeque venenum Morsibus inspirant , et spicula caeca relinquunt AfGxs venis , animasque in vulnere ponunt.
Bis gravidos cogunt fétus, duo terapora messis; Taygete simul os terris ostendit honestum
Et lorsque cette nymphe ^^, au retour des hivers, Redescend tristement dans le gouffre des mers.
Toutefois, si l'hiver ^^ alarmant ta prudence, Te fait de tes essaims craindre la décadence. Épargne leurs trésors dans ces temps malheureux. Et n'en exige point un tribut rigoureux ; Mais parfume leurs toits, et prends les rayons vides Dont viennent se nourrir leurs ennemis avides. La chenille ^7 en rampant gagne leur pavillon; Le lourd frelon ^^ se rit de leur faible aiguillon ; Le lézard de leur miel se nourrit en silence; Leur travail de la guêpe engraisse l'indolence ; Des cloportes sans nombre assiègent leur palais; Et l'impure araignée y suspend ses filets. Mais plus on les épuise, et plus leur diligence De l'Etat appauvri répare l'indigence.
Comme nous cependant ^9 ces faibles animaux Éprouvent la douleur et connaissent les maux ; Des symptômes certains toujours en avertissent : L«ur corps est décharné, leurs couleur^ se flétrissent
Plias, et Oceani spretos pede reppnlit amnes ; Aut eadem sidug fagiens ubi Piscis aquosi Tristior hibernas cœlo descendit in undas. Sin daram metues hlemem , parcesque futuro ,
2A0 Contusosque animos et res miserabere fractas; At suffire thymo, cerasque recidere inanes, Quis dubitet? Nam saepe favos ignotus adedit StelUo , et lucifugis congesta cnbilia blattis , Immunisque sedens aliéna ad pabiila facus, Aut asper crabro imparibus se immiscuit arinis, Aut dirum Unes genus, aut invisa Minerv» Laxos in foribus suspendit aranea casses. Quo magis exhaustae fuerint , hoc acrius omnes Incumbent generis lapsi sarcire ruinas,
250 Complebuntque foros, et flonbus horrea texent. Si vero , quoniam casus apibus quoque nostros Yita tulit, tristi langnebunt corpora morbo, Quod jam non dubiis poteris cognoscere signis :