LIVRE IV
On les voit dans leurs murs languir emprisonnés , Ou bien suspendre au seuil leurs essaims enchaînés; Tantôt leur troupe en deuil autour de ses murailles Accompagne des morts les tristes funérailles ; Tantôt le bruit plaintif de ce peuple aux abois Imite l'aquilon murmurant dans les bois, £t le reflux bruyant des ondes turbulentes, £t le feu prisonnier dans les forges brûlantes.
Veux-tu rendre à l'abeille une utile vigueur^ Que des sucs odorants raniment sa langueur; Et dans des joncs remplis du doux nectar qu'elle aime, A prendre son repas invite-la toi-même.
Joins-y du raisin sec, du vin cuit dans l'airain, Ou la pomme du chêne, ou les vapeurs du thym , £t la rose flétrie, et l'herbe du centaure^**.
Mais il est une fleuri* plus salutaire encore. Sur les bords tortueux qu'enrichit son limon, Le MLelle^' la voit naître, et lui donne son nom. De rejetons nombreux un amas l'environne ;
Continuo est sgris alias color ; horrida vultom
Déformât mades ; tum corpora luce carentum
Exportant tectis , et tri8ti§ fanera dacunt
Aut illx pedibus connexx ad limina pendent ,
Ant intos claosis cunctantur in sdibus , omnes
IgnaTsqoe famé et contracto frigore pigrx. 260 Tum sonos aaditur gravior , tractimque susurrant,
Frigidus ut quondam silvis immurmurat Auster,
Ut mare sollicitum stridit refluentibus undis;
.£8tuat ut clausis rapidus fomacibus ignis. Hic jam galbaneos suadebo incendere odores ,
Mellaque arundineis inferre canalibus, uitro
ffortaittem , et fessas ad pabula nota vocantem.
Proderit et tunsum galiae adnûscere saporem ,
Arentesque rosas , aut igni pinguia multo
Defruta, vel psithia passos de vite racemos, 370 Gecropiumque tbymum, et grave olentia centaurca. Est etiam flos in pratis, cui nomen amello
Fecere agriools, facilis qusrentibus herba.
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D'un disque éclatant d^or sa tête se couronne ; Mais de la violette, amante des gazons, La pourpre rembrunie embellit ses rayons; Et souvent les autels, chargés de nos offrandes, Aiment à se parer de ses riches guirlandes : Le goût en est pourtant moins flatté que les yeux. Dans les flots odorants d'un vin délicieux Fais bouillir sa racine, et devant tes abeilles De ce mets précieux fais remplir des corbeilles.
Mais si de tes essaims tout l'espoir est détruit, Apprends par quels secrets ce peuple est reproduit : Je vais de ce grand art éterniser la gloire , Et dès son origine en rappeler l'histoire.
Le peuple 43 dont le Pïil inonde les sillons. Qui, sur des vaisseaux peints voguant dans ses vallons^ Fend les flots nourriciers du fleuve qu'il adore ^ Et de son noir limon 44 voit la verdure éclore ; Les voisins des Persans , qu'il baigne de ses eaux ; Les (ieux où, vers la mer courant par sept canaux,.
Namqae nno ingentem tollit de oespite silTam,
Aurein ipse ; sed in foliis , qns plorima circum
Funduntur, violae sublaoet purpuv nigr».
Sspe deum nexis ornatae torqnibus ar» i
Asper io ore sapor ; tonsiâ in vallibus illum
Pastores et curva legunt prope fiumina Mells.
Hujus odorato radices incoque Baccho , 280 Pabulaque in foribas plenis appone canistris. Sed si quem proies subito defecerit omnis,
Nec genus unde nov» stirpis rerocetur habebit r
Tempus et Arcadii memoranda inventa raagtstri
Fandere ; quoque modo cxsis jam saepe juvencis
Insinoerus apes tulerit craor. Altius omnem
Szpediam prima repetens ab origine famam. Nam qua Pellsi gens fortunata Canopi
Accolit effoso stagnantem flumine Nilum ,
Et circum pictts vehitur sua mra phaseiis , 390 Quaque pharetratx vicinia Persidis urgct ,
Et viridem JSgyptuoi uigra fécondât arena»