‹ Œuvres choisies de DelilleChapitre 59 sur 73 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

Il fuit les cieux brûlants témoins de sa naissanee, De cet art 4^ précieux attestent la puissance.

Ce mystère d'abord veut des réduits secrets : 11 te faut donc choisir et préparer exprès Un lieu dont la surface, étroitement bornée. Soit enceinte de murs et d'un toit couronnée ; £t que, des quatre points qui divisent le jour, Une oblique clarté se glisse en ce séjour. Là , conduis un taureau dont les cornes naissantes Commencent à courber leurs pointes menaçantes; Qu'on l'étouffé, malgré ses efforts impuissants; £t, sans les déchirer, qu'on meurtrisse ses flancs. Il expire : on le laisse en cette enceinte obscure. Embaumé de lavande, entouré de verdure.

Choisis pour l'immoler le temps où des ruisseaux Déjà les doux zéphyrs font frissonner les eauK , Avant que sous nos toits voltige l'hirondelle , Et que des prés fleuris l'émail se renouvelle. Les humeurs cependant fermentent dans son sein. 0 surprisé 46 ! ô merveille! un innombrable essaim

Et diteisa raens septem discnrrit io ora Usque coloratis amnis devexus ab Indis; Omnis in bac certain regio jacit arte salutem.

Xxiguos primum, atqae ipsos contractas ad osus, Eligitar locus : hune angustique imbrice tecti Parietibusqoe premunt arctis ; et qnatuor addunt , Qoataor a ventis , obliqua luce , fenestras. Tum vitulus, bima curvans jam comua fronte, 300 Quseritur : bnic geminae nares , et spiritus oris Multa reluctanti obsuitur , plagisque perempto Tunsa per integram solvuntur viscera pellem. Sic podtum in clauso linquunt , et ramea coatis Subjiciunt fragmenta, thymnm, casiasque récentes. Hoc geritur, Zephyris primum impellentibus undas, Ante novis rubeant quam prata coloribus, ante Garrula quam tignis nidum suspendat birundo; Inlerea teneris tepefactus in osaibus humor

Atuat, et visenda modis animaiia miris^

Dans ses flancs échauffés tout à coup vient d^éclore : Sur ses pieds mal formé l'iosecte rampe encore ; Sur des ailes bientôt il s*élève en tremblant ; Plus vigoureux enfin, le bataillon volant S'élance, aussi pressé que ces gouttes nombreuses Qu'épanche un ciel brûlant sur les plaines poudreuses , Ou que ces traits dans l'air élancés à la fois Quand les Parthes guerriers épuisent leurs carquois. Muses, révélez>nous Fauteur de ces merveilles. Possesseur autrefois de nombreuses abeilles, Aristée avait vu ce peuple infortuné Par la contagion, par la faim moissonné : Aussitôt, des beaux lieux que le Pénée arrose. Vers la source sacrée où le fleuve repose Il arrive; il s'arrête, et, tout baigné de pleurs, A sa mère tn ces mots exhale ses douleurs : « Déesse de ces eaux, ô Cyrène ! ô ma mère ! Si je puis me vanter qu'Apollon est mon père, Hélas ! du sang des dieux n'as-tu formé ton fils Que pour l'abandonner aux destins ennemis ? Ma mère, qu'as-tu fait de cet amour si tendre? Où sont donc ces honneurs où je devais prétendre?

510 Trnnca pedom primo, mox et stridentia pennis

Hiscentur, tenaemqae magis magis aéra carpunt :

Donec, ut xstivis effusus nubibus imber,

Erupere ; aut ut , nervo pulsaute sagittae »

Prima levés ineunt si quando praelia Parthi.

Quis deus banc , Muss, quis nobis extudit artem?

Unde nova ingressus homioum expenentia oepit? Pastor Aristaeus, fagieas Peneia Tempe,

Amissis, ut fama , apibus morboque fameque ,

Tristis ad extremi sacrum caput adstitit amnis , 320 Multa querens , atque bac affatus voce parentem :

« Mater '. Gyrene mater î qus gurgitis biigus

Ima tenes, quid me prxclara stirpe deorum

(Si modo, quem perhibes, pater est Tbyrabrxus Apollo ) ,

kivisum fatis genuisti? aut quo tibi nostri

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