‹ Œuvres choisies de DelilleChapitre 62 sur 73 · LIVRE lY · texte numérisé non relu

LIVRE lY

Précieuse fiaTenr du dieu puissant des ondes ,

Dont il paît les troupeaux dans les plaines profondes.

Par lui tu connaîtras d'où naissent tes revers ;

Mais il faut qu'on Vy force en le ehargant de fers.

On a beau l'implorer ; son coeur, sourd à la plainte ,

Résiste à la prière , et cède à la contrainte.

Moi-même , quand Phébas, partageant l'horizon ,

De ses feux dévorants jaunira le gazon ,

A l'heure où les troupeaux goûtent le frais de l'ombre ,

Je guiderai tes pas vers une grotte sombre

Où sommeille ce dieu , sorti du sein des flots.

Là tu le surprendras dans les bras du repos.

Mais à peine on l'attaque, il fuit , il prend la forme

D'un tigre furieux, d'un sanglier énorme ;

Serpent.il s'entrelace , et lion il rugit ;

C'est un feu qui pétille , un torrent qui mug^t.

Mais plus il t'éblouit par mille formes vaines ,

Plus il faut resserrer l'étreinte de ses chaînes ,

Redoubler tes assauts , épuiser ses secrets ,

£t forcer ton captif à reprendre ses traits. »

Ânnenta et turpes pascit sab gorgite phocas.

Hic tibi, Date , prins vincUs capiundos, ut omnem

Expédiât morbi canaam, eTentnsqoe secandet.

Ram sine Ti non ulia dabit prscepta, neqae illum

Orando flectes; vim doram et Tîncola capto 100 Tende ; doli circam hiec demnm frangentar inanes.

Ipsa ego te, medios quum sol accenderit sstns,

Qnorn sitiimt berbx , et pecori jam gratior ambra est,

In sécréta senis ducam, qno fessas ab andi?

Se redpit, facile ut somno aggrediare jacentem.

Verum ubi correptum manibus yinclisque tenebris,

Tum Tariae illudent species atque ora ferarum.

Fiet enim subito sus horridos, atraque tigris,

Sqoamosusque draco, et fùlva cervice lesna ;

Aut acrem flamins sonitum dabit, atqae ita vinclis 410 Excidet , ant in aqoas tenues dilapsus abibit

Sed , quanto iUe magis formas se ^ertet in omnes,

Tanto , nate , magis oontende tenacia Yinda ;

Sur son fils , à ces mots , sa main officieuse Répand d'un doux parfum Tessence précieuse Cette pure ambroisie embaume ses cheveux , Rend son corps plus agile et ses bras plus nerveux. Au sein des vastes mers s'avance un mont sauvage Où le flot mugissant , brisé par le rivage, Se divise , et s'enfonce en un profond bassin Qui reçoit les nochers dans son paisible sein. Là , dans un antre obscur se retirait Protée ; Gyrène le prévient , y conduit Aristée, Le place loin du jour dans l'ombre de ces lieux , Se couvre d'un nuage , et se dérobe aux 3^ux.

Déjà le chien brûlant dont l'Inde est dévorée Vomissait tous ses feux sur la plaine altérée ; Déjà l'ardent midi , desséchant les ruisseaux , Jusqu'au fond de leur lit avait pompé leurs eaux : Pour respirer le frais dans sa grotte profonde , Protée en ce moment quittait le sein de Tonde ; Il marche ; près de lui le peuple entier des mers Bondit , et fait au loin jaillir les flots amers.

Donec talis erit mutato oorpore, qualem Yideris, incepto tegeret quum lumina somno. >

HiBC ait , et liquidum ambrosiae diffudit odorem, Quo totum nati corpus perduxit; at illi Dulcifl compositis spiravit crinibus aura, Atque babilla membris venit vigor. Est specus ingens Exesi latere in montis , quo plurima vento

420 Cogitur, inque sinus scindit sese unda redactos. Deprensis olim statio tutissima nantis, f ntus se vasti Proteus tegit objice saxi. Hic Jurenem in latebris aversum a lumine Nympha Coliocat ; ipsa procul nebulis obscura resistit.

Jam rapidus torrens sitientes Sirius Indos Ârdebat cœlo et médium sol igneus orbem Hauserat; arebant herbs, et cava iluraina siccis Faucibus ad limum radii tepefacta coquebant, Quum Proteus consueta petens e fluctibus antra

490 U>at : eum yasti circum gens humlda ponti

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