LIVRE I
Sont un garant certain de la fertilité : Cest alors que, surpris de leur fécondité , . Et le riche Gargare *^, et l'heureuse Mysie, Enfantent ces moissons qui nourrissent FAsie. An maître des saisons adresse donc tes vœux.
Mais Tart du laboureur peut tout après les dieux. Dans les champs la semence est-elle déposée , Il la couvre à Tinstant sous la glèbe écrasée ; Puis d'un fleuve, coupé par de nombreux canaux *? , Court dans chaque sillon distribuer les eaux.
Si le soleil brûlant flétrit l'herbe mourante, Aussitôt je le vois par une douce pente Amener, du sommet d'un rocher sourcilleux, Un docile ruisseau, qui sur un lit pierreux Tombe, écume, et, roulant avec un doux murmure, Des champs désaltérés ranime la verdure.
Tantôt , pour empêcher cju'un frêle chalumeau I^e languisse accablé sous un riche fardeau. Dès qu'il voit du sillon sortir ses blés superbes, Il livre à ses troupeaux le vain luxe des herbes. Tantôt son bras actif, desséchant des marais, De leurs dormantes eaux délivre les guérets ;
Ictus ager ; nuUo tantnm se Mysia cultu Jactat, et ipsa suas mirantur Gargara messes.
Qoid dicam, jacto qui semine cominiis arya losequitnr , cumolosque mit maie pinguis arense ? Deinde satis ffuvium inducit rivosque sequentes ?
Et, qaum exustus ager morientibus xstuat herbis, Ecce soperciiio cliTOsi tramitis andam Elicit Ula cadens raacum per levia murmur 110 saxa ciet, scatebrisque arentia tempérât arva.
Qoid, qui, ne gravidis procumbat calmas aristis, Laxariem segetom tenera depascit in berba , Qaum primum sulcos aeqaant sata? qaiqae palodis CoUectam hamorem bibala deducit arena?
Pnesertim inoertis si mensibas amnis abandans Elit f et obducto late tenet omnia iimo , Unde cav» tepido sadant bamore lacanae.
Surtoot iMwjœ, gonflant ses (hkIcs çragones. Un fleuve a submergé Jes campagnes ûmgeoses, Et que du noir limon dont les champs soiit eonverts L'exhalaison impure empoisonne les airs.
Mais malgré tant de soins, malheurrax que nous sonunes ! Malgré les animaux qui secondent les hommes , Tout n*est pas fait encor; crains pour tes jeunes blés ^ L*ombre, et Therbe indomptable, et les brigands ailés *9. Tel est Tarrét fatal du maître du tonnerre : Lui-même il força Thomme ^ à cultiver la terre, Et^ n'accordant ses fruits qu'à nos soins vigilants. Voulut que Tindigence éveillât les talents.
Avant lui point d*enclos, de bornes, de partage ; La terre était de tous le commun héritage; Et sans qu'on l'arrachât, prodigue de son bien, La terre donnait plus à qui n'exigeait rien. C'est lui qui, proscrivant une oisive opulence, Partout de son empire exila l'indolence. Il endurcit la terre, il souleva les mers, Pïous déroba le feu, troubla la paix des airs , Empoisonna la dent des vipères livides , Contre l'agneau craintif arma les loups avides ,
Nec tainen, bccquum sint.hominumque boumque labores Yenando terrain experti, nihil improbus anser, 120 Strymonlseque grues , et amaris intuba fibris, OfQciunt, aut umbra nocet Pater ipse colendi Haud faciiein esse viam voluit, primusqueper artein Movit agros , curis acuens mortalia corda, Nec torpere gravi passus sua régna \eterno.
Ante Jovem nuUi subigebant arva colooi ; Nec signare quidem aut partiri limite campum Fas erat. In médium qusrebant; ipsaque teUus Omnia Uberius, nulloposcente, ferebat.
nie malum virus serpentibus addidit atris, 130 Pnedariqne lupos jussit, poutumque movori , Mellaque decussit foliis, ignemque removit, fit passiui mis curreoUa viua repressit s