‹ uvres choisies de Descartes [microform]Chapitre 26 sur 90 · PREMIÈRES OBJECTIONS · texte numérisé non relu

PREMIÈRES OBJECTIONS

PAR GRATÉRU8

I. îl n'y a pas d'autre réalité objective dans l'entendement que l'acte même de l'esprit; et cet acte i a pas besoin d'une cause productrice étrangère. Ainsi l'idée dt Dieu ne demande pas une cause en dehors de l'esprit. Les idées so*»: déterminées par la nécessité de la vérité, et si toutes les idées ne mjl: -"«^ semblables, c'est que la vérité ne se montre à nous que par fragments. On a raison de dire que l'idée n'est rien, si par là on entend qu'elle n'est pas une réibté, mais on a tort, si on la déclare par là un être imaginaire; c'est un tête de conception, lequel toutefois n*t pas besoin d'une cause productrice étrangère à l'eîiprit.

II. Pour appuyer l'existence de Dieu sur l'argument de la cause efficiente, il falloit rechercher non la cause de nos idées, mais la cause de nous-mêmes. Le mot par lot a deux sens : l'un positif, être par $ci comme par une cause; l'autre négatif, être de soi, non par autnti. La première acception est absurde; dans la seconde, ce qui est par soi est limité de sa nature et n'a pas pu se donner toutes les perfectioni.

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j.g " ABBÉOE DES OBJECTIONS

lll Lp« Choses que nous concevons fort clairement et ton distinctement sont toutes vraie.; mai, connoissons-nous clairement et disUnclement linûniï De ceque nousaurions I idée clair* .le nnfmi, vous concluriez qu'il existe, parce que l'existence es une perfection qui ne peut manquer à l'être souveramemen. MrfdT: mais il résulteroit de ce raisonnement que les chose. Tnifito par le nom de Dieu sont dans l'entendement et nor

aï h nlre ; Dieu peut avoir eu de toute élermt^ 1 li^ du composé : Lim existant, sans que celte idée impliquât que 1 un« ou l'autre partie de ce composé fût réellement dans la nature

IV. lA distinction de l'àme et du corps est une disUncUon formelle dont on ne peul conclure la disUnclion réelle.

EiPOHSïS ADX PREMlfeBES 0BJKCTI0II8

I L'objet extérieur n'est que dans lentenderaent; mais 11 j a dans l'entendement une entité représentative de l^jet extérieur, etc'est ce que j'appelle la réalité objectm de I idée. J ac corde que cette réalité objecUve n'est pas un être réel, en ce gens qu'elle n'est pas hors de renlendemcnt; je suis également d'avis que ce n'est pas un être déraison, mais quelque chose de réel qui est conçu; or cette conception a besoin d'une cause. 11 ne suffit pas de dire que l'entendement la produit comme une de ses opérations, car U faut indiquer la source de ta réaivU 06iectwe de cette conception. La réaUté objective de I idée de ùkM ne peut venir de ce que les choses ne se montrent à nous nue pw fragments, de même que l'idée d'une machine parfaite ne peut venir de ce que nous ne savons pas la mécanique.

U Je n'ai pas appuyé l'existence de Dieu sur les causes des obieis sensibles, parce quelle est plus évidente que c^ objets, et parce que l'impossibilité d'admettre une série infime de causes ne prouve que l'imperfection de notre esprit; mais je l'ii fondée sur U cause qui me conserve moi-même en Unt que j ai l idée de l'infini. Il n'est pts impossible qu'un être soit la cause eftiâcnlc de lui-mênit; car la cause efficiente est contemporain*

FAITBt CONTII LU MËDITATIOlfS, BTO. 147

de son effet. Dieu se conserve lui-même, et cette conseivation étant une création perpétuelle, on peut dire qu'il est sa propre cause. C'est l'imperfection de notre esprit qui nous fait admettre Muvent qu'une cause est par sot dans le sens négatif, c'est-àiire sans cause. Mais quand nous arrivons à nous demander comment elle se conserve, nous nous trouvons forcés de conct» voir qu'elle se conserve par toi positivement, c'est-à-dire comme par une cause, ou qu'elle est conservée par un être qui est luimême par fot positivement, ou comme sa propre cause à luimême. Or, si moi, qui suis une cttosè qui pense, je ne me connois pasla puissance de me conserver moi-même, je conclus que je sois par un autre, qui, ayant la force de me conserver^ doit à plus forte raison se conserver lui-même> et qui par conséquent est par soi.

Ili. Vinfbii peut être, non pas embrassé, mais saisi du moins par la pensée; car entendre clairement qu'une chose ne peut ivoir de limites, c'est avoir idée de linfini, qu'il faut distinguer de {'indéfini ou des choses dont je n'aperçois pas la fin, bien qu'elles en aient une. il ne faut pas distinguer en Dieu l'existence de l'essence, comme dans les autres objets; car il est le seul dont l'existence soit nécessaire. Les choses qui ne sont pas unies par leur nature, mais par une fiction de l'entendement, peuvent être désunies de la même manière, comme un ttoA existant, un tnangle inscrit dans um carré; mais U n'en est pas ainsi de Ditu existant,

IV. La distinction qui exista entrt l'esprit et le corps est i^lle et non pas formelle.

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