ABRÉGÉ DU OBJECTION
Béponse. On ne les a pas publiées pour acquérir de la gloire, mais pour décrire la maladie dont on vouioii enseigner le remède.
II. De ce que je pense, on peut inférer que je suis, mais non pas que je suis un esprit. On ne peut concevoir un acte sans un sujet ; la pensée sans une chose qui pense, et par conséquent éans quelque chose de corporel, car tout sujet est considéré comme matérieL
Béponse. J'ai ajourné la question de savoir si tout ce qui pense est corporel. Tout le monde distingue des substances spirilueiles et des substances corporel lus.
III. L'enlendemeul et le sujet qui entend sont deux choses éiflérentes.
Réponse. Je ne nie pas que moi qui pense je ne sois distinct de ma pensée; mais je ne m'attache en cet endroit qu'à la distinction des différentes manières de penser.
IV. L*auteur n'établit pas bien la différence qui existe entre ^imagination et VentendemeiU, Imaginert c'est avoir quelque idée, et entendre, c'est conclure par le raisonnement que quelque chose existe. Mais si le raisonnement n'étoit qu'un assemblage de noms, par le mot est, nos conclusions ne porlcroient pas sur la nature des choses, mais seulement sur l'accord des appellations que nous leur aurions imposées. De sorte qu'il faudruit rapporter le raisonnenit-iit aux noms, les noms à l'imagination , et l'imagination au mouvement des organes corporels.
Béponst, Le raisonnement n'assemble pas les noms, mais lea choses signifiées par ces noms. Pour imposer des noms, il faut oonnoltre les choses. Si Ton affirme que l'esprit est un mouvement, on peut tout aussi bien afliriner que la terre est le ciel.
V. L'idée étant un image, nous n'avons pas idée de Dieu, héponse. J'entends quelquefois par idée tout ce qui «st immédiatement conçu par l'esprit.
Yl. Dans la volonté ou danslacrainte, il n'y a rien autre chose que ridée d« Tobjet, et un mouvement du corps pour le recliereiiarou le fuir; c% nrouvement n'ast pas un« peusé«; il n'y a
rAlTBi CONTRE LES MÉDITATIONS, ITO. iSi
donc rien de plus dans la crainte et la volonté que dans l'idée. Le jugement n'est que la jonction d'un nom à une idée, et en conséquence n'ajoute rien à l'idée.
Réponse, C'est autre chose de voir un lion, autre chose de le craindre ; et voir un homme qui court, n'est pas assurer qu'on le voit.
Vil. Comme il n*y a point d'idée de Dieu, il est inutile d'en <>iiercher l'origine. Nous n'avons pas non plus l'idée de Tàme, mais la raison nous fait concevoir qu'il y a dans l'animal quelque chose qui le fait sentir et se mouvoir.
Réponse, Comme il y a une idée de Dieu, votre objection est renversée ; vous accordez que la raison nous fait concevoir l'àme, c'est ce que j'appelle en avoir idée.
VIII. Ce que l'astronomie démontre du soleil n'est pas une idée du soleil, il n'y a d'idée du soleil que celle qui nous est fournie par la vue.
Réponse. Tant qu'on ne voudra pas convenir avec moi de l'acception des termes, on ne me fera que des objections frivoles.
IX. Nous n'avons pas non plus d'idée de substance; comment d'ailleurs une idée pourroit-elle avoir plus de réalité objective qu'une autre? Peut-on être plus ou moins rétl ?
Réponse. J'entends par idée non pas seulement ce que les sens nous montrent, mais aussi ce que la raison nous fait connoîlre. Une chose n'est pas plus ou moins réelle, maiB sis réalité est plus ou moins étendue.
X. L'idée que nous avons de Dieu se tire des objets extérieurs par le raisonnement ; elle n'est pas née en nous, car nous na pensons pas dans le profond sommeil.
Réponse. Les objets extérieurs ne peuvent être les causes exemplaires de l'idée que nous avons de Dieu ; car il n'y a rien en lui qui leur ressemble. Quand je dis qu'une idée est née avec nous, je n'entends pas dire qu'elle est toujours présente à notre pensée, mais j'entends seulement que nous avons nouimèines la faculté de la produire.