‹ uvres choisies de Descartes [microform]Chapitre 46 sur 90 · L-ORDU» «t Lï DÉNOMBREMENT DKI fASSION · texte numérisé non relu

L-ORDU» «t Lï DÉNOMBREMENT DKI fASSION

Ait m. L'admirattoo.

Lorwne h première rencontre de quelque objet nous surpr.„dT<ie nou. le jugeons »tre nouveau, ou fort différent de rque nous connoiln, auparavant ou bien de ce que nou. Lposion. qu'il devoit être, cela fait que nous I admirons et en ZTétonné.; M pour ce que cela peut arriver avant q« Z. connoission» aucunement .i cet objet nous est convenable Z .'il ne l'est pas, U me .emble que l'admiration est la pre- ZL de toutes le. passions; et elle n'. point de contraire, à ZZ q«., M «'objet qui se présente n'a rien en «.. qu. nous Z^nl: nous n'en Lmes aucunement émus et nou. le co,,sidérons un. passion.

,„. M. L-U-. « W -»pri.. u «fate«iU » V.rr««. - l'k»«»'«-

M u bimuM.

A l-.dmii.tion uX joinU Vestim. ou I. mépri», «Ion qu. c«i U BMBdMT 4'u. ob,.t ou u v*&\»m qu. nou. «Hmroiu. »

nous pouvons ainsi nous estimer ou nous mépriser nous-mêmes; d'où viennent les passions, et ensuite les habitudes de magnani mité ou d'orgueil et d'humilité ou de bassesse.

Ait. 15. La vénération «t It dédain.

Mtii quand nous estimons ou méprisons d'autres objets que nous considérons comme des causes libres capables de faire du bien ou du mal^ de l'estime vient la Yénération^ tt du simple méprit le dédain.

kn, M. L'aBMv tt It htiat.

Or^ toutes les passions précédentes peuvent être excitées en nous sans que nous apercevions en aucune façon si l'objet qui les cause est bon ou mauvais. Mais lorsqu'une chose nous est présentée comme bonne à notre égard, c'est-à-dire comme nous étant convenable^ cela nous fait avoir pour elle de Tamour; et lorsqu'elle nous est représentée comme mauvaise ou nuisible, cela nous excite à la haine.

Ait. it. Lt dédr.

De la même considération du bien et du mal naissent toatM les autres passions ; mais afin de les mettre par ordre. Je distingue les temps, et considérant qu'elles nous portent bien plus à regarder l'avenir que le présent ou la passé, je commence par le désir. Car non-seulement lorsqu'on désire acquérir un bien qu'on n'a pas encore, ou bien éviter un mal qu'on juge pouvoir arriver, mais aussi lorsqu'on ne souhaite que la conservation d'un bian ou l'absence d'un mal, qui est tout ce à qvoi se peut étendre cattê passion, il est évident qu'elle regarde toujoun l'aT«nlr.

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AmT. 8*. L'«ip4raDC«, U euiou, la Jaloutié, la séctirité tt U àiÊêiyoit.

II suffit de penser que l'tcqnisition d'un bien ou la fuite d'u!i mal est possible pour être incité à la désirer. Mais quand on con- Hdère, outre cela, s'il y a beaucoup ou peu d'apparence qu'on •btienne ce qu'on désire, ce qui nous représente qu'il y en a beaucoup excite en nous l'espérance, et ce qui nous représente qu'il y en a peu excite la crainte, dont la jalousie est une espèce. Lorsque l'espérance est extrême, elle change de nature et m nomme sécurité ou assurance, comme au contraire l'extrême crainte devient désespoir.

Art. 5«. L'irrteolntian. to •onngt, U hardiesse. l'émulaUoii, la lâcheté

at l'épouvante.

Et nous pouvons ainsi espérer et craindre, encore que l'événement de ce que noai attendons ne dépende aucunement de nous; mais quand il nous est représenté comme dépendant, il peut y avoir de la difficulté en l'élection des moyens ou en l'exécution. De It première vient l'irrésolution, qui nous dispose à délibérer et prendre conseil. À la dernière s'oppose le coura^ •u la hardiesse, dont l'émulation est une espèce. Et la làchetp est contraire an courage, comme la peur ou l'épouvante à In hardiesse.

Ait* SO. La remords.

et n on est déterminé à quelque action avant que l'irrésolulion fût êtée, cela fait naître le remords de conscience, lequel ne regarde pas le temps à venir, comme les pas.sions précédentes, mais le présent ou le passé.

ABT. «t. 1* Jol* «t la triataasê.

El la considération du bien présent excite en nous de la loie,

VIUIIIMI PAITII S^'T

œlle da mal, de It tristesse, lorsque c'est un bien on un ma! qoi Boui eit repréienté comme nous appartenant

▲n. M. La moqnana, TviTia, U pitii.

Mail lorsqu'il nous est représenté comme appartenant à d'an- U'es liommei, nous pouvons les en estimer dignes ou indignes; et lorsque nous les en estimons dignes, cela n'excite point en nous d'autre passion que la joie, en tant que c'est pour nous quelque bien de voir que les choses arrivent comme elles doivent. Il y a seulement cette différence que la joie qui vient du bien est sérieuse, au lieu que celle qui vient du mal est accompagnée de ris et de moquerie. Mais si nous les en estimons indignes, le bien excite ienvie, et le mal la pitié, qui sont des «spèces de tristesse. Et il est à remarquer que les mômes passions oui se rapportent aux biens ou aux maux présents peuvent souvehi aussi être rapportées à ceux qui sont à venir, en tant que Tupinion qu'on a qu'ils adviendront les représente comnM présents.

AtT §t. La aatisfactiOD de s«>i-même et la repentir.

Nous pouvons aussi considérer la cause du bien ou du mal) tant présent que passé. Et le hier qui a été fait par nous-mêmet nous donne une satisfaction intérieure, qui est la plus douce de toutes les passions, au lieu que le mal excite le repentir, qui est la plus amère.

AaT. 61 La faTenr et la recnnnoiManoa.

Mais le bien qui a été fait par d'autres est cause que nous avons pour eux de la faveur, encore que ce ne soit point à nous qu il ait été fait; et si c'est à nous« l la fiiveur nous joigoonA [« rtconnoissance.

Lit PAllIONI D« L*A11B

Ait. Cft. L'iodigoition tt la eolèrt.

BBUXIftMK PARTIS

Tout de môme le mal fait par d'autres, n'étant point rapporte à nous, fait seulement que nous avons pour eux de l'indignation ; et brsqu'il y est rapporté, il émeut aussi la colère.

Akt. m. U gloin tt la hoDt«.

De plus, le bien qui est ou qui a été en nous, éUnt rapporté à l'opinion que les autres en peuvent avoir, excite en nous rie Il gloire, et le mal, de la honte.

ART •!. U dégoût, le regret et l'allégresse

Et quelquefois la durée du bien cause l'ennui ou le dégoût, au lieu que celle du mal diminue la tristesse. Enfin, du bien passé vient le regret, qui est une espèce de tristesse, et du m*! passé vient d'allégresse, qui est une espèce de joie.

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