‹ uvres choisies de Descartes [microform]Chapitre 55 sur 90 · SIS · texte numérisé non relu

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sntpe les passions il n'y a que Textrème joie qu'on remarque en avoir le pouvoir; et la façon dont je crois qu'elle cause cet rfTel est qu'ouvrant extraordinairement les orifices du cœur, le sang des veines y entre si à coup et en si grande quantité, qu'il n'y peut être raréfié par la chaleur assez promptement pour lever les petites peaux qui fermont les entrées de ces veines : au moyen de quoi il étouffe le feu, lequel il a coutume d'entretenir lorMju'ii n'entre dans le cœur que par mesure

Art. 183. Pourquoi on ne pime point de triste».>e.

Il semble qu'une grande tristesse qui survient inopinément doit tellement serrer les orifices du cœur qu'elle en peut aussi éteindre le feu; mais néanmoins on n'observe point que cela arrive, ou s'il arrive c'est très-rarement; dont je crois que la raison est qu'il ne peut guère y avcâr si peu de sang dtjig le cœur qu'il ne suffise pour entretenir la chaleur lorsque ses cri- 6oes sont presque fermés.

▲rt. lU. Du fil.

Le ris consiste en ce que le sang qui vient de la cavité droite du cœur par la veine artérieuse, enflant les poumons subitement et à diverses reprises, fait que Pair qu'ils contiennent est contraint d'en sortir avec impétuosité par le sifflet, où il forme une voix inarticulée et éclatante; et tant les poumons en s'enflant, que cet air en sortant, poussent tous les muscles du diaphragme, de la poitrine et de la gorge, au moyen de quoi ils font mouvoir ceux du visage qui ont quelque connexion avec eux ; et ce n'est que ct^tte action du visage, avec cette voix ina**ticuiée et éclatante, qu'on nomme le ris.

Akt. lf&. Pourquoi il n'accompagne point les plui grinfle» joiee

Or, encore qu'il semble que le ns soit un des principaux si* gnsi de la joie, «Ut ne peut toutefois le causer que loriqu'elk

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est seulement médiocre et qu'il y a quelque •dmiration ou quelque haine mêlée avec elle : car on trouve par expérience que lorsqu'on est extraordinairement joyeux, jamais le sujet de celle joie ne fait (ju^on éclate de rire, et même on ne peul pas si aisément y être invité par quelque autre cause que lorsqu'on est triste; dont la raison est que, dans les grandes joies, le poumon est toujours si plein de sang qu'il ne peut être davantage enflé par reprises.

Akt. tSi. QmIUs soDt Mt principAles cause».

FA je ne puis remarquer que deux causes qui fassent ainsi subitement enfler le poumon. La première est li surprise de l'admiration, laquelle, étant jointe à la joie, peut ouvrir si promptemeat les orifices du cœur, qu'une grande abondance de sang, entrant tout à coup en so» côté droit par la veine cave, s'y raréfie, et passant de là par la veine artérieuse, enfle le poumon. L'autre est le mélange de quelque liqueur qui augmente la raréfaction du sang ; et je n'en trouve point propre à cela que la plus coulante partie de celui qui Tient de la rate, laquelle partie du sang étant (K)ussée vers le cœur par quelque légère émotion de haine, aidée par la su prise de l'admiration, et s'y mêlant avec le sang qui vient des autres en«lroits du corps, lequel la joie y fait entrer en abondance, peut faire que ce sang s'y dilate beaucoup plus que l'ordinaire; en même laçon qu'on voit quantité d'autres liqueurs s'enfler tout à coup, étant sur le feu, lorsqu'on jette un peu de vinaigre dans le vaisseau où elles sont; car la plus coulante partie du sang qui vli nt de la rate est de nature semblable au vinaigre. L'expérience aussi nous fait voir qu'en toutes les rencontres qui peuvent produire ce rii éclatant qui vient du poumon, il y a toujours quelque petit sujet de haine, ou du moins d'admiration. Rt ceux dont la rate n'est pas bien saine sont sujets à être nonseulement plus tristes, mais aussi, par intervalles, plus gais et plus disposés à rire que les autres : d'autant que la raie envoie

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