OE LA RÉVOLUTION OPÉRÉE DANS LA PHILOSOPITIK
PAR DESCARTEfi
Enfin partie en France un génie puissant H hardi, qui entreprit de secouer le joug du prince de l'école. Cet homme nouveau vint dire ar^ autres hommes que, pour être philosophe, il ne suffisait pas de croire, mais qu'il fallait penser. A cette parole toutee les écoles se troublèrent; une vieille maxime régnait encore : Iptê dixit, le Maître l'a dit. Cette maxime d'esclave irriu tous les philosophes contre le père de la phUosophie pensante; elle le persécuU comme novateur et impie, le chassa de royaume en royaume, et ron vit Descartes s'enfuir, emportant avec lui la vérité, qni, par malheur, ne pouvait être ancienne en naiaant. Cependant, malgré lee cris et U fureur de l'ignorance, Il refusa toujours de jurer que les anciens fussent la raison souveraine; il prouva même que ses persécuteurs ne savaient rien , et qu'ils devaient désapprendre ce qu'Us croyaient savoir. Disciple de la lumière, au lieu d'interroger les morts et les dieux de l'école , il ne consulta que les idées claires et distinctes, la nature et l'évidence. Par ses méfUUtions profondes, il tira toutes les sciences du chaos; et, par un •oup de génie plus grand encore, il montra le secours mutuel qu'elles devaient se prêter; il lee enchaîna toutes ensemble, les éleva les unds sur les autres ; et, se plaçant ensuite sur cette hauteur, il marcha, avec toutes les forces de l'esprit humain ainsi rassemblées, à la découverte de ces grandes vérités que d'autres, pras heureux, sont venus enlever après lui , mais en suivant les sentiers de Inmière que Descartes avait tracés.
Ce fnt donc le eonrage et la fierté d'un seul esprit qnl causèrent dam les sdencea cette heureuse et mémorable révolution dont ■oui goûtons aujoord'hai lee avantages avec une superbe ingra* titnde* n ftdlait ani eden -^ un homme qui osAt conjurer toa(
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«eal avec son génit contre le* ancieni tyrans de la raison, qui osât fouler aux pieds ces idoles qnt tant de siècles avaient adorées. Doscartes se trouvait enfermé dani la labyrinthe avec tout lea aatrps philosophes; mail il se fit lui-même des ailes, et il s'anvola, frayant ainii une route nouyelle à la raison captive*.
Le P. GuÉNAnn, jésuite.
DiKourt couronné à l'Académie française, en 1755.