‹ Œuvres choisies de DescartesChapitre 18 sur 109 · ET DES RÉPONSES DE L'AUTEUR · texte numérisé non relu

ET DES RÉPONSES DE L'AUTEUR

PAR CRATÉRUS

I. Il n'y a pas d'autre réalité objective dans l'entendement que l'acte même de l'esprit; et cet acte n'a pas besoin d'une cause productrice étrangère. Ainsi l'idée de Dieu ne demande pas une cause en dehors de l'esprit. Les idées sont déterminées par la nécessité de la vérité, et si toutes les idées ne sont pas semblables, c'est que la vérité ne se montre à nous que par fragments. On a raison de dire que l'idée n'est rien, si par là on entend qu'elle n'est pas une réalité, mais on a tort, si on la déclare par là un être imaginaire; c'est un acte de conception, lequel toutefois n'a pas besoin d'une cause productrice étrangère à l'esprit.

IL Pour appuyer l'existence de Dieu sur l'argument de la cause efficiente, il falloit recliercber non la cause de nos idées, mais 11 cause de nous-mêmes. Le mot far soi a deux sens : l'un positif, être par soi comme par une came; l'autre négatif, être de soi, non par autrui. La première acception est absurde; dans la seconde, ce qui est par soi est limité de sa nature et n'a pas pu se donner toutes les perfections.

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111. Les choses que nous concevons fort clairement et fort distinctement sont toutes vraies; mais connoisson§:^ous clairement et distinctement Tinûni ? De ce que nous aurions Tidée claire de rinfini, vous concluriez qu'il existe, parce que l'eidstence est une perfection qui ne peut manquer à Têtre souverainement parfait; mais il résulteroit de ce raisonnement que les choses signifiées par le nom de Dieu sont dans Tentendement et non dans la nature ; Dieu peut avoir eu de toute éternité Tidée du composé : Lmi existant y sans que cette idée impliquât que Tune ou Tautre partie de ce composé fût réellement dans la nature.

IV. La distinction de l'âme et du corps est une distinction formelle dont on ne peut conclure la distinction réelle.

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