RÉPONSES AUX PREMIÈBES OBJECTIONS
1. L'objet extérieur n'est que dans l'entendement; mais il y a dans Tentendement une entité représentative de l'objet extérieur, et c'est ce que j'appelle la réalité objective de l'idée. J'accorde que cette réalité objective n'est pas un être réel, eu ce sens qu'elle n'est pas hors de l'entendement; je suis également d'avis que ce n'est pas un être de raison, mais quelque chose de réel qui. est conçu; or cette conception a besoin d'une cause. Il ne sufût pas de dire que l'entendement la produit comme une de ses opérations, car il faut indiquer la source de la réalité o5jective de cette conception. La réalité objective de l'idée de Dieu ne peut venir de ce que les «choses ne se montrent à nous que par fragments, de même que l'idée d'une machine parfaite ne peut venir de ce que nous ne savons pas la mécanique.
II. Je n'ai pas appuyé l'existence de Dieu sur les causes des objets sensibles, parce qu'elle est plus évidente que ces objets, et parce que l'impossibilité d'admettre une série infinie de causes ne prouve que l'imperfection de notre esprit; mais je l'ai fondée sur la cause qui me conserve moi-même en tant que j'ai l'idée de rinfini. 11 n'est pas impossible qu'un être soit la cause efiiciente de lui-même; car la cause efficiente est contemporaine
de son effet. Dieu se conserve lui-même, et cette conservation étant une création perpétuelle, on peut ilîré^ qu'il est sa propre cause. C'est l'imperfection de notre esprit qui nous fait admettre souvent qu'une causa est par soi dans le sens négatif, c'est-àdire sans cause. Mais quand nous arrivons à nous demander comment elle se conserve, nous nous trouvons forcés de concevoir qu'elle se conserve par soi positivement, c'est-à-dire comme par une cause, ou qu'elle est conservée par un être qui est luimême par soi positivement, ou comme sa propre cause à luimême. Or, si moi, qui suis une chose qi^i^ pense, Je^ ne me connois pas la puissance de me conserver jnagirinêmfi» je conclus que je suis par unliuïfë,' qui, ayant la force de me conserver, doit à plus forte raison se conserver lui-même, et qui par conséquent est par soi.
III. Vinfini peut être, non pas embrassé, mais saisi du moins par la pensée; car entendre clairement qu'une chose ne peut avoir de limites, c'est avoir idée de Vinfini, qu'il faut distinguer de Y indéfini ou des choses dont je n'aperçois pas la fin, bien qu'elles en aient une. 11 ne faut pas distinguer en Dieu l'existence de l'essence, comme dans les autres objets; cariXest le seul dont l'existence soit nécessaire. Les choses qui ne sont pas unies par leur nature, mais par une fiction de l'entendement, peuvent être désunies de la même manière, comme un licm earistant, un triangle inscrit dans un carré', mais il n'en est pas ainsi de I>ieu existant,
IV. La distinction qui existe entre l'esprit et le corps est réelle et non pas formelle.
SECONDES OBJECTIOiNS