SCÈNE XXXV
Leb Mêmes *. l)eâ petits enfants sont cachés dans les coulisses.
MONSIEUR DE SURMONT. — Allous, mademoiselle, le juge a prononcé; il faut obéir à justice.
MADEMOISELLE BEAULIEU. — Nou, monsicuT ; je ne me fie point à vous. Vous irez dire quelques polissonneries qui me feront rougir, et qui blesseraient madame de Malves, qui n'est pas faite à ce ton-là.
MONsiEURDE SURMONT. — Ne craigucz rien... Vos enfants sont-ils là ?
MADEMOISELLE BEAULIEU. — Oui.
MONSIEUR DE SURMONT, à madame deMalves. — Madame, vous êtes toujours bonne, et nous avons pensé que vous
* Id paraît M»* de Mahes pour qui la pièce a été faite.
le seriez davantage aujourd'hui. Je me suis chargé de vous apprendre une nouvelle, et de vous demander deux grâces. La première de ces grâces, c'est de faire pardonner à mademoiselle d'avoir caché à sa maîtresse qu'elle n'était pas mariée.
MADEMOISELLE BBAULiBU. — Mais, monsicuTi jc ne le suis pas non plus.
MONSIEUR DE SURMONT. — Vous dircz qu'il faut cpx'elle épouse le père. S'il n'y en avait qu'un, à la bonne heure. Mais ces demoiselles se sont mises à la mode; chacun de nos enfants a son père : autant de pères que d'enfants, ni plus ni moins. L'autre grâce, c'est de vous présenter ces enfants. Quoique tous vos jours soient autant de fêtes pour vos amis, il n'arrive pas souvent à une fille honnête de mener à sa suite un petit troupeau d'enfants. Permettez aux nôtres d'entrer... Mademoiselle, avez-vous assez rougi, sans savoir de quoi?... Faites entrer vos petits. Madame y consent.