‹ Œuvres choisies de Diderot;Chapitre 12 sur 153 · LE PÈRE DE FAMILLE, LE COMMANDEUR, CÉCILE, GERMEUIL · texte numérisé non relu

LE PÈRE DE FAMILLE, LE COMMANDEUR, CÉCILE, GERMEUIL

LE PÈRE DB FAMILLE. — Daus qucUc inquiétude il me tient I Où est-il ? Qu'est-il devenu ?

LE COMMANDEUR. — Et qui Sait cela?... Mais vous vous êtes assez tourmenté pour cette nuit^ Si vous m'en croyez, vous irez prendre du repos.

LE PÈRE DE FAMILLE. — Il u'eu est plus pour moi.

LE COMMANDEUR. — Si VOUS Favcz perdu, c'est un peu votre faute, et beaucoup celle de ma sœur. C'était, Dieu lui pardonne I une femme unique pour gâter ses enfants.

CÉCILE, peinée. — Mon oncle I

LE COMMANDEUR. — J'avais bcau dire à tous les deux : Prenez-y garde, vous les perdez.

CÉCILE. — Mon oncle 1

LE COMMANDEUR. — Si VOUS cu êtes fous à présent qu'ils sont jeunes, vous en serez martyrs quand ils seront grands.

CÉCILE. — Monsieur le Commandeur !

LE COMMANDEUR. — Bou, est-ce qu'ou m'écoute ici?

LE PÈRE DE FAMILLE. — Il ne vicut poiut.

LE COMMANDEUR. — Il nc s'agit pas de soupirer, de gémir, mais de montrer ce que vous êtes. Le temps de la peine est arrivé. Si vous n'avez pu la prévenir, voyons du moins si vous saurez la supporter... Entre nous, j'en doute... [La pendule sonne six heures,)

Mais voilà six heures qui sonnent... Je me sens las... J'ai des douleurs dans les jambes, comme si ma goutte voulait me reprendre. Je n> vous suis bon à rien. Je vais m'envelopper de ma robe de chambre, et me jeter dans un fauteuil. Adieu, mon frère... Entendez-vous?

LE PÈRE DE FAMILLE. — Adicu, mousiour le Commandeur.

LE COMMANDEUR, en S* en allant. — La Brie !

LA BRIE, arrivant, — Monsieur !

LE COMMANDEUR. — Eclaircz-moi ; et quand mon neveu sera rentré, vous viendrez m'avertir.

* Un exemplaire de cette pièce, cou- nutï: dans toutes les éditions imprimées forme à la représentation, et corrigé on lit pour ce «oir. (Ba.) de la main de l'auteur, porte pour cette

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