‹ Œuvres choisies de Diderot;Chapitre 24 sur 153 · II · texte numérisé non relu

II

138 ' LE PiRE DE FAMILLE.

homme dont on m'a parlé, qui s'appelle Sergi, et qui demeure à côté de vous?

MADAME HÉBERT, avcc vivuctté, et quittant son travail. — Ah! monsieur, c'est le garçon le plus honnête!

SOPHIE. — C'est un malheureux qui gagne son pain comme nous, et qui a uni sa misère à la nôtre.

LE PÉBJ! DE FAMILLE. — Est-ce là tout ce que vous en savez?

SOPHIE. — Oui, monsieur.

LE PÉRE DE FAMILLE. — Eh bien, mademoiselle, ce malheur eux-là. . .

SOPHIE. — ^Vous le connaissez?

LE PÉRE DE FAMILLE. — Si je le counaisl C'est mon fils.

SOPHIE. — Votre fils I

MADAME HÉBERT, en même temps. — Sergil

LE PÉRE DE FAMILLE. — Oui, mademoiselle.

SOPHIE. — Ah I Sergi, vous m'avez trompée.

LE PÈRE DE FAMILLE. — FiUo aussi vertucuso que belle, connaissez le danger que vous avez couru.

SOPHIE. — Sergi est votre fils !

LE PÈRE DE FAMILLE. — Il VOUS cstimc, VOUS aime; mais sa passion préparerait votre malheur et le sien, si vous la nourrissiez.

SOPHIE. — Pourquoi suis-je venue dans cette ville! Que ne m'en suis-je allée, lorsque mon cœur me le disait !

LE PÉRE DE FAMILLE. — Il OU ost tcmps cucore. Il faut aller retrouver une mère qui vous rappelle, et à qui votre séjour ici doit causer la plus grande inquiétude. Sophie, vous le voulez ?

SOPHIE. — Ah! ma mère! Que vous dirai-je?

LE PÉRE DE FAMILLE, « madame Hébert. — Madame , vous reconduirez cette enfant, et j'aurai soin que vous ne regrettiez pas la peine que vous aurez prise. (Madame Hébert fait la révérence. — Le Père de famille continuant, à Sophie. J Mais, Sophie, si je vous rends à votre mère, c'est à vous à me rendre mon fils ; c'est à vous à lui apprendre ce que l'on doit à ses/^arents: vous le savez si 'bien.

, SOPHIE. — Ah, Sergil pourquoi?...

LE PÉRB DE FAMILLE. — Quelque honnêteté qu'il ait mise dans ses vues, vous Ten ferez rougir. Vous lui annoncerez votre départ ; et vous lui ordonnerez de finir ma douleur et le trouble de sa famille.

SOPHIE. ^- Ma bonne...

MADAME HÉBERT. — Mon enfant...

SOPHIE, en s' appuyant sur elle. — Je me sens mourir...

MADAME HÉBERT. — MousieuT, nous allous nous retirer et attendre vos ordres.

SOPHIE. — Pauvre Sergil Malheureuse Sophie! {Elle sort, appuyée sur madame Hébert,)

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