‹ Œuvres choisies de Diderot;Chapitre 42 sur 153 · SAINT-ALBIN, CÉCILE · texte numérisé non relu

SAINT-ALBIN, CÉCILE

SAINT-ALBIN. — Lui qui me doit tout!... que j'ai cent fois défendu contre le Commandeur!... à qui... {En aper-

* Yabiahte à la représentation : « C'est naces de mort contre Germeuil étaient

lui qui a emmené Sophie. 11 Ta arrachée supprimées de même dans la suite de

des mains de sa bonne. Je ne le quitte cette scène, plus qu'il ne m'ait instruit. » Les me-

cevant sa sceur:) Malheureuse, à quel homme Ves-tu attachée!...

CÉCILE. — Que dites-vous? Qu'avez-vous ? Mon frère, vous m'effrayez.

SAINT-ALBIN. — Le perfide! le traître I... elle allait dans la confiance qu'on la menait ici... Il a abusé de votre nom^..

CÉCILE. — Germeuil est innocent.

SAINT-ALBIN. — Il a pu voir leurs larmes; entendre leurs cris; les arracher Tune à l'autre 1 Le barbare 1

CÉCILE. — Ce n'est point un barbare ; c'est votre ami.

SAINT-ALBIN. — Mou amil Je le voulais... il n'a tenu qu'à lui de partager mon sort... d'aller, lui et moi, vous et Sophie...

CÉCILE. — Qu'entends-je?... vous lui auriez proposé?... lui, vous, moi, votre sœur?...

SAINT-ALBIN. — Quc uc me dit-il pasi Que ne m*opposet-il pas! Avec quelle fausseté!...

CÉCILE. — C'est un homme d'honneur; oui, Saint- Albin, et c'est en l'accusant que vous achevez de me l'apprendre *.

SAINT-ALBIN. — Qu'osez-vous dire?... Tremblez, tremblez... Le défendre c'est redoubler ma fureur... Éloignez-vous.

CÉCILE. — Non, mon frère, vous m'écouterez ; vous verrez Cécile à vos genoux... Germeuil... rendez-lui justice... Ne le connaissez-vous plus? Un moment l'a-t-il pu changer?... Vous l'accusez I vous!... homme injuste,

SAINT-ALBIN. — Malhcur à toi, s'il te reste de la tendresse I... Je pleure... tu pleureras bientôt aussi.

CÉCILE, avec terreur et (Tune voix tremblante. — Vous avez un dessein ?

SAINT-ALBIN. — Par pitié pour vous-même, ne m'interrogez pas.

CÉCILE. — Vous me haïssez ?

SAINT- ALBIN. — Je VOUS plaius.

* YAUAim : de m'en convaincre.

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