‹ Œuvres choisies de Diderot;Chapitre 80 sur 153 · MONSIEUR HARDOUIN ET LE LAQUAIS · texte numérisé non relu

MONSIEUR HARDOUIN ET LE LAQUAIS

MONSIEUR HARDOUIN. — Me voilà pourtaut seul; et je peux rêver à cette pièce...

LE LAQUAIS. — Pour cclui-ci, je ne sais ce qu'il est.

MONSIEUR HARDOUIN. — Encore quelqu'un ? C'est une persécution.

LE Laquais. — ^11 est entré brusquement ; je lui demande ce qu'il veut : point de réponse. Je le tire par la manche :

il me regarde et continue à se promener en long et en large. Il a Tœil un peu hagard; il se parle à lui-même ; il fait des éclats de rire. Du reste, il est très poli. Si ce n'est pas un fou, c'est un poète.

MONSIEUR HARDouiN. — Je n'y tiens plus, et, en dépit de votre prédiction, monsieur Renardeau, vous me verrez à Gisors.

LB LAQUAIS. — Eutrera-t-il ?

MONSIEUR HARDouiN. — Si c'était quelque pauvre diable d'auteur qui eût besoin d'un conseil et qui vînt le chercher ici du fond du faubourg Saint-Jacques ou de Picpus... Un homme de génie qui manquât de pain, car cela peut arriver... Qu'il entre!

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