MONSIEUR HARDOUIN ET LE LAQUAIS
MONSIEUR HARDOUIN. — Me voilà pourtaut seul; et je peux rêver à cette pièce...
LE LAQUAIS. — Pour cclui-ci, je ne sais ce qu'il est.
MONSIEUR HARDOUIN. — Encore quelqu'un ? C'est une persécution.
LE Laquais. — ^11 est entré brusquement ; je lui demande ce qu'il veut : point de réponse. Je le tire par la manche :
il me regarde et continue à se promener en long et en large. Il a Tœil un peu hagard; il se parle à lui-même ; il fait des éclats de rire. Du reste, il est très poli. Si ce n'est pas un fou, c'est un poète.
MONSIEUR HARDouiN. — Je n'y tiens plus, et, en dépit de votre prédiction, monsieur Renardeau, vous me verrez à Gisors.
LB LAQUAIS. — Eutrera-t-il ?
MONSIEUR HARDouiN. — Si c'était quelque pauvre diable d'auteur qui eût besoin d'un conseil et qui vînt le chercher ici du fond du faubourg Saint-Jacques ou de Picpus... Un homme de génie qui manquât de pain, car cela peut arriver... Qu'il entre!