MARCIE, FLAVIE
MARCIE
.A. in si donc tes secours m'ont rendue à la vie! Prends pitié de mon trouble, 6 ma chère Flavie ! Je quittois le consul, je sortois de ces lieux : Quel objet tout-à-coup se présente à mes yeux! Mon époux ! Régulus , que le peuple environne! Romains, Carthaginois, gardes, rien ne m'étonne. Je traverse la foule, et je lui tends les bras. On s'arrête un moment : il ralentit ses pas ; Et d'un ton formidable: ... Éloignez-vous, Marcie, Me dit-il, ces instants sont tous à la patrie. Il me laisse, il s'arrache à mes embrassements. Que devins-je, Flavie, en ces cruels moments!
Mes yeux noyés de pleurs se couvrent d'un nuage ; Je le suis, je me jette à travers son passage; Je voulois lui parler... Inutiles désirs ! Ma voix tombe , s'éteint , se perd dans mes soupirs ; Et l'on me traîne, hélas ! expirante, éperdue, Dans l'asile prochain, où tes bras m'ont reçue. Que fait-il?... Le sénat vient de se séparer. Cher époux, en ce lieu j'ai cru te rencontrer; Et tu ne parois point !... Dissipe mes alarmes,
( à Flavie. )
Il ne sait pas combien il m'a coûté de larmes î Barsine m'abandonne !... On vient; c'est elle !...