A M. GRESSET
Et cavalier dans ses propos.
Il a l'audace qui sait plaire :
Scandale ou non, j'aime à le voir, Mordant l'abbesse ou la tourière ; Faisant voltiger le mouchoir D'un sein voilé par le mystère, Et troublant le pieux manoir Par son langage militaire.
On roucoule dans ma volière, Lorsque l'on jure à ton parloir.
Mes oiseaux n'ont rien dans la tête Que les soucis de leur amour; Or, on sait que pendant le jour L'amour tout seul est un peu bête...
Mais c'est à toi que je reviens.
O toi, le dieu des jolis riens, Et de l'aimable persiflage, Tu nous dois ce piquant tableau Où, dans les dortoirs solitaires, L'amour se glisse incognito Et vient épier ses mystères Au foible jour de son flambeau.
C'est là qu'en dépit des scrupules, Il contemple avec volupté, Dans le silence des cellules, Les foiblesses de la beauté; Ce feu qui naît avec les charmes , Ces surprises du sentiment,
ÉPIÏRE XIII. 283
Ces langueurs, ces touchantes larmes, Qu'essuieroit la main d'un amant; La troupe riante des songes Confiant la guimpe aux désirs, Et l'éclair des heureux mensonges, Et le fantôme des plaisirs.
Trace-nous ces douces images , Et moque-toi de tes serments ; Fais encor sourire les sages ; Désespère encor les pédants.
Malgré les arrêts foudroyants De ces petits aréopages, Où tant d'illustres personnages Tiennent le sceptre des talents , Protègent les gouvernements, Et dirigent les griffonnages De nos Lycurgues sémillants; Ecris toujours des vers charmants Pour les hommes de tous les âges , Et pour les nonnes de vingt ans, Qui liront toujours tes ouvrages.
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