SCENE PREMIERE
ATALIDE, seule.
Hélas ! je cherche en vain. Rien ne s'offre à ma vue, Malheureuse ! Comment puis-je l'avoir perdue*? Ciel ! aurais-tu permis que mon funeste amour Exposât mon amant tant de fois en un jour 1 due, pour dernier malheur, cette lettre fatale Fût encor parvenue aux yeux de ma rivale 1 J'étais en ce lieu même ; et ma timide main, Gluand Roxane a paru, l'a cachée en mon sein. Sa présence a surpris mon âme désolée.
Ses menaces, sa voix, un ordre m'a troublée. J'ai senti défaillir ma force et mes esprits. Ses femmes m'entouraient quand je les ai repris ; A mes yeux étonnés leur troupe est disparue. Ah ! trop cruelles mains, qui m'avez secourue ! Vous m'avez vendu cher vos secours inhumains ; Et, par vous, cette lettre a passé dans ses mains. Quels desseins maintenant occupent sa pensée 1 Sur qui sera d'abord sa vengeance exercée 1 Gtuel sang pourra suffire à son ressentiment ! Ah ! Bajazet est mort, ou meurt en ce moment;
Cependant on m'arrête, on me tient enfermée* On ouvre. De son sort je vais être informée.