‹ Œuvres choisies de LebrunChapitre 115 sur 177 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

Les Rêveries de la comtesse de ***.

Petite muse aventurière Rêvant son immortalité , Cette comtesse roturière Rêve encore sa qualité.

Bon Dieu 1 les sottes rêveries Que ses vers et ses armoiries ' !

Qu'en son faux zélé une pmide est amère ! Damner le monde est un plaisir d'élus ; Mais le Sauveur, à la femme adultère, Dit , sans courroux : Allez, ne péchez plus ! Telle est du del la sublime indulgence; Il plaint Terreur ; il pardonne à lofiense; Il n arme point ni le fer ni le feu. La pécheresse eut sa grâce accordée ; Mais qu on suppose à la place de Dieu Prude ou docteur, elle étoit lapidée I

* Cette dame, que Lebran ëd^ratiçne à plusieurs reprises, est madame la comtesse d*H..p..l, nièce de feu MarsoUier. Elle est auteur de jolis romans , et fait des vers très ingénieux. L'acharnement de Lebrun contre cette dame est inconcevable.

386 ÉPI6RAMMES.

Dialogue entre un pauvre poète et fauteur.

On vient de me voler. — Que je plains ton malheiir ! Tous mes vers manuscrits. — Que je plains le voleur!

XH.

A un Poète d! Académie i/ui séUnt grillé la veiUe dans une grande séanee.

Hier, tu m as crié sans firuit Force vers que n'ai pu comprendre; Moi y pour quelque chose te rendre , J*ai claqué fort: c'est bruit pour bruit.

Sur la tragédie des Brames , par La Harpe, tombée au milieu des bravos à la deuxième représentation.

Vous savez tous que depuis feu Warwick ,

Toujours La Harpe a vu sif&er ses drames ,

Et tant usé les sifflets du public ,

Qu'il n en restoit pas un seul pour les Brames.

Au dépourvu le parterre fut pris.

Quoi I direz-vous , le chef-d'œuvre a donc pris ?

Et des railleurs les Brames triomphèrent !

Non , de par EKeu ! le désastre est complet ;

L'ouvrage est mort : au défaut du sifflet,

En deux jours seuls les bravos l'étouflferent.

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