LIVRE PREMIER
ÎIV.
Sur Dorât,
Dorât i qui veut tout essuyer, tout feindre, Trompe àrla-fbis et la gloire et Tamour : Il est si bien le poète du jour, Qu au lendemain il ne sauroit atteindre.
En prode, ed vers , Lubin compose, Et je ne sais par quel travers Il met trop de vers dand sa prose , Et trop de prose dans ses vers.
Maîtresse, amis, fiùsoient mon bien suprême; Je Tavoueraif je croyois comme un sot Avoir la chose, et n avois que le mot ; Car à Paris vous savez comme on aime.
On me trompoit; je ne trompois moi-même. La vérité , le temps m'édaira bien !
Et désormais , libre de tout lien , Mattresde, amis, n^ôlit plus rien qui m'occiq)e. Mais est-ce vivre , hélas ! que n aimer rien ? Dieux ! rendez-moi le bonheur d'être dupe.
388 ÉPI6RAMMES.
Sttr notre Dictionnaire académù/ue.
On iaity défeit, reCeût ce beau dictionnaire, Qui, toujours très bien £ût, sera toujours à îaire.
Les Catacombes.
Robert, jadis, sous Rome errant, perdu, Contoit ce £edt en prose bien naïve :
Fait que Delille en beaux vers a rendu. Aux deux récits une Grâce attentive , Bien finement sut peindre leur effet.
Quelqu'un lui dit : De cette double scène , Que pensez- vous ? — Que Delille ma iait Plus de plaisir, et Robert plus de peine.
Connoissez-vous cette antique Sylvie Dont la fureur est de se rajeunir ?
D'amours encore elle se croit suivie, Mais les fuyards n y veulent revenir.
Dulac en vain recrépit mon actrice; Pour démentir la ride accusatrice , A cinquante ans elle s'en dit vingt-neuf; Et même un jour, si tel est son caprice, La belle aura baptistaire si neuf.
Qu'il faudra bien la remettre en nourrice.