‹ Œuvres choisies de LebrunChapitre 127 sur 177 · LIVRE PREMIER. 4o · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER. 4o

La gloire de Baculard.

O Baculard I quels lieux ta gloire embrasse !

Que de dimats remplit ton Apollon !

Berlin se pâme au cul de ta Manon;

Le Hottentot s*extasie à ton nom ;

Tes madrigaux charment le froid Lapon ;

Ton Jérémie est lu même au Japon ;

Ton Euphémie est chère au Fatagon ;

Ton Goligni fait pleurer le Hurou^

O Baculard ! quels lieux ta gloire embrasse !'

Hélas ! tu n es inconnu qu'au Parnasse.

Certain major devint borgne à la guerre.

Gomme un autre œil il lui faUut chercher,

Très proprement il en mit un de verre

Qu il ne manquoit d'ôter à son coucher.

Dans une auberge un soir le bon apôtre

Prit gîte, but, puis se déshabilla;

Puis à Suzon , après sa patenôti^e ,

Dit : Mets cet œil dans Tëtui que voilà.

Suzon ne bouge. Eh bien! qu'attends-tu là? —

J'attends, monsieur, que vous me donniez 1 autre.

4o6 ÉPIGBAMMES.

Sur le mot Bienfaisance, si prodigué dans le siècle de PégéUme.

Ce petit siéde est fertile en grands mots : Tout retentit du nom de Bienfaisance.

Tout malheureux va oonnottre Faisance :

On Fenrichit... au moins dans les journaux '. Quoi ! Tégoïsm^, à ce nom qui le louche» Laisse amollir sa dureté fiux>uche ?

Pitië succède à son rire moqueur; Pitié! non, non; dans ce siéde trompeur De Bienfaisance on emmielle sa bouche, Et Fégoïsme en rit au fond du cœur.

Un des oiseaux que Ff nde nous envoie ,

Nouveau Vert-vert, agaçdt les passants.

Mais en novice, et par mots innocents.

Fiacres, dragons, abbés, filles de joie,

Eurent bientôt dévergondé son bec.

Il blasphémoit, quand sœur Melchisédec

Dit aux rieurs : Peut-on, en oonsdence.

Chez des chrétiens, apprendre ainsi le mal ,

Et pervertir cet honnête animal?

Bien mieux vaudroit lui montrer sa croyance.

* Toiu lef jonmaiix aboient leurs articles de Bienfaisanee, sooveot mesquine et ridicule. La Tanité doone peu et paile beaucoup. ( iVbfe de t auteur. )

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