‹ Œuvres choisies de LebrunChapitre 128 sur 177 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

Sur Desorgue.

Quand Polichinelle Desorgue, Ce petit bossu rodcmioiit , Sur la montagne au double front A voulu grimper avec morgue , On croiroit que le double mont, Pour se venger de cet afifront, Lui-même à grimpé sur Desorgue ■ .

Les Fous.

Marotte en main , Folie un peu gouverne Ce petit globe ; et , pour bonnes raisons , Un Diogène y portant sa lanterne Nous enverroit aux Petites-Maisons; Mais Diogène est un fou d'autre espèce. Fou qui se croit un menin de sagesse N est à mon sens le moins timbré de tous. De nos cadis j'approuve fort Tusage ; Cest de tenir en dedans quelques fous , Pour qu en dehors on soit réputé sage.

' Desorgoe ëtoit an jeune linëratear petit et contrefait, qui s'avisa de rimer une ëpigramme contre Lebrun. Celui-ci n*a cessé de le maltraiter.

4o8 ÉPIGRAMMES.

A un faux Amù

Mortel ingrat, toi qu'à ma foible gloire

Avec candeur javois associé.

Et qui, formant la trame la plus noire,

Par des horreurs m'en as si bien payé ;

A ton esprit mon cœur me faisoit croire ;

L'illusion suit toujours l'amitié.

De mon erreur tu me ravis les charmes ;

Perfide ami , trop connu désormais,

Sors de mes vers effacés par mes larmes !

Sors de mon cœur pour n'y rentrer jamais.

Sur Frérorij distributeur de renommée.

De Satanas suivant le digne exemple,

Bardus , un jour, d'un vol lourd et pervers ,

Me transporta sur la cime d'un temple;

G'étoit celui du dieu brillant des vers.

« Vois, me dit-il , ce Temple de Mémoire:

« J'y régne seul. Partant, si tu veux croire

« A mon génie , et baiser mon ergot,

« Du bel esprit je t'offre les couronnes. —

« Bien suis tenté ; mais. . . mais quoi ? si tu donnes

« Le bel esprit , pourquoi n'es-tu qu*un sot? »

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