‹ Œuvres choisies de LebrunChapitre 132 sur 177 · LIVRE SECOND · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND

Boucher, grand poète allemand \

A le prix d encouragement

Pour les beaux vers qu*il fait parottre :

J'en félicite cet auteur ;

Mais je pense que son lecteur

L auroit mieux mérité peut-être.

Moi , qui jamais ne fis une chanson ,

J avois promis des couplets à ma belle ;

Mais je trouvai la mesure rebelle,

Et de mon ludi ne pus tirer un son.

Lors m'apparut une docte immortelle ,

Qui , d*un air grave : Allons , mon fils , dit-elle ,

* Aatenr do poëme dei Mois, Fontanes disoît qae la chute de ce poëme éUÂt no des plus grands naufrages qo'on eût £uts en po^e.

4i6 EPI6RAMMES.

Près d'Apollon 9 viens rêver tes écrits. L'Amour est là , qui se prenant à rire : Moi , je te mène aux genoux d'Bucharis ; Mieux qu* Apollon j y monterai ta lyre.

Amour, le joli téte-à-téte Que je dois à ta loyauté !

Voilà donc cet objet vanté Dont tu m as promis la conquête ? Cest l'ennui même, étiqueté Du nom de plaisir et de fête.

On ne sauroit, en vérité, Sans grâce avoir plus de beauté, Ni plus d'esprit d'un air si bête.

Sur le Lycée.

Que de nos jours l'homme de qualité

Bien peu ressemble à celui de Molière !

Grâce au Lycée , à bon droit si vanté ,

Par F-***, fondé, prôné, rente.

Leur di£Férence est vraiment singulière :

De tels docteurs l'un n'eut où se pourvoir,

L'autre a , chez nous , des La Harpe à revendre :

L*un savoit tout sans jamais rien apprendre;

L autre apprend tout sans jamais rien savoir.

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