LIVRE SECOND. 4iq
Verse , épuise sur mon ouvrage Tout ce que vomit dans sa rage Le zoïle le plus mordant.
Tu peux rendre , à force d'outrage , Mon triomphe plus évident :
Je ne craignois que ton suffrage.
D'Arnaud va toujours mendiant, Et de ses vers nous ennuyant.
D*Amaud pouvoit, sur ma parole, Bien s enrichir à rimailler, Dût-il ne prendre qu une obolie A tous ceux qu'il iaisoit bfiiller.
Sur madame de Senac^ lasse de compliments, et qui m' avoit promis un baiser par iniure, ou pour c/uufue défaut que je lui trouverois.
Ami Phéhus , trêve à tes madrigaux !
De tes fadeurs Senac baille et murmure :
Elle promet un baiser par injure ;
Pour mon bonheur, trouve-lui cent défauts ;
C'est cent baisers! la récompense est sûre.
Épluche bien son cœur et ses appas.
Trouves-tu ? — Non. — O peines sans égales I
4io ÉPI6RAMMES.
Dieu des bons mots , tire-moi d embarras ! — Va j dit Phébus, consulter ses rivales ; Les cent baisers ne te manqueront pas.
Sur Minier et Adorer»
Lise , en t adorant moins , je t*aime mieux encore : On n aime pas long-temps la beauté qu'on adore.
Un jeune prince avoit pour passe-temps Une volière où blanches colombelles 9 Dès que Zéphyr ramenoit le printemps, Échauffoient Tair de leurs soupirs fidèles. Pour mieux jouir de leurs tendres ébats , A son mentor il dérobe ses pas.
Un jour quHl voit ses colombes pâmées Et son argus , ennemi du bonheur.
L'enfant leur dit : Vite, mes bien-aimées, Dépêchess-vous ; voici mon gouverneur!
La Harpe , mi jour, avec un ton acerbe ,
Voulut tancer son imprimeur hautain ; |
Lequel lui dit : Tremble, rimeur superbe!
Tu ne mourras jamais que de ma main.