‹ Œuvres choisies de LebrunChapitre 141 sur 177 · LIVRE SECOND · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND

Qu^une fausse muse, inspirée Par le plus glaçant aquilon, Âvoit soufflé sur THélicon Un dithyrambe hyperborée *.

Sur Gûf , détestable traducteur d*Homère.

Ce faux Grec, au laid minois , Plus babillard qu'une agasse, Moitié franc, moitié sournois, Sans cesse brouille et tracasse.

Pestard de société.

Pédant, niais et commère, Tout mot par lui répété.

Est traduit, interprété, Aussi mal que son Homère.

Éloge d!Urbain Domergue.

Ce pauvre Urbain , que Ton taxe D'un pédantisme assonunant, Joint Fesprit du Rudiment Aux grâces de la Syntaxe.

Ce dithyrambe glacial est de La Harpe.

43o ÉPIGRAMMES.

Encore sur Gin , qui postuloit pour [Académie,

Sur notre Pinde académique, Qui du vrai Pinde est peu voisin , Notre Euripide Limousin , Marmontely hurlé du tragique; Sédaine gâche du comique; Ghabanon racle du lyrique; Lemierre, en rime didactique, Nous trace l'art du Pérugin ; La Harpe, dans la Poétique, Est, seul, Aristote et longin; Guibert est Végcce en tactique ; Eh! que sera donc monsiem* Gin?

Les Dons de la Nature y imité dAnacréon,

Nature avoit donné pour leur défense, Au fier taureau le front à double dard. Le pied vengeur au coursier quon offense, La course au lièvre et la ruse au renard. Peuple de Tair eut ses ailes rapides; Peuple de Fonde eut ses rames humides.

Lion eut force et courage indompté.

L'homme, plus doux, eut sagesse en partage. Restoit la femme; elle eut, quoi? la beauté, Victorieuse et du fort et du sage.

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